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Vendredi 06 juillet 2007 à 22:08
Mademoiselle RAUCOURT…La nature « semblait l’avoir formée pour en faire une reine du théâtre »
Tragédienne célèbre (si ce n’est la plus grande de son époque) et dispensatrice prolixe de sa propre image, Françoise-Marie-Antoinette CLAIRIEN, dite Saucerotte, plus connue sous son nom de scène de Mademoiselle Raucourt, est née à Nancy ou Dombasle le 3 mars 1756 et morte à Paris le 15 janvier 1815.
Poussée par son père, elle entre a la Comédie Française à peine sortie de l’adolescence dans le rôle de Didon en 1772 et devient sociétaire l'année suivante. Elle s'acquit de prime abord un renom éclatant, qu'elle dut à sa beauté autant qu'à son talent.
Elle s'affichait ouvertement avec ses maîtresses dont Madame Souk (Jeanne-Françoise-Marie Sourques alias Madame Sallate de Sourque). Dans l'Espion anglais de PIDANSAT DE MAIROBERT et la Correspondance du baron de Grimm , Mlle Raucourt est honorée de la Présidence de la Loge Androgyne, sorte de loge maçonnique pour Dames. En 1776, elle fut emprisonnée pour dettes puis renvoyée de la Comédie-Française.
Grâce à la protection de Marie-Antoinette, elle joua de nouveau à la Comédie- Française.
Très opposée à la Révolution, elle subit six mois de prison en 1793, et vit fermer par ordre du Directoire un second Théâtre-Français qu'elle avait fondé.
Elle reparut sur la scène en 1799, fut richement pensionnée de Bonaparte, qui la chargea d'organiser les troupes de comédiens français qui devaient parcourir l'Italie, puis revint vivre dans la retraite à Paris. Le clergé de l'église Saint-Roch ayant refusé l'entrée de l'église à son corps, la multitude enfonça les portes et introduisit de force son cercueil.
L’épître « A celle qui se reconnaîtra » ou « Epitre à une jolie Lesbienne » est adressée à Mlle Raucourt.
Moins poétique, ce pamphlet à son encontre
« Que la tribade Raucourt
Trouvant un homme trop lourd,
De sa brûlante matrice
Se fasse frotter l'orifice
Par quelque doigt féminin,
C'est bien,
Très bien ;
Cela ne nous blesse en rien :
Moi, je pense comme Adeline ;
J'aime la p...e
J'aime la p...e »
Si son buste du Père Lachaise a disparu, son effigie n’est pas pour autant perdu… en effet :
Il existe un buste non localisé autrefois attribué a houdon et conservé dans les collections de la comtesse de Courval… Madame Joly de Fleury née Elisabeth Dubois de Courval guillotinée sous la terreur était la passion de l’actrice
Un buste en marbre était au XIX° siècle dans la collection Carré de Baudouin passant pour être une œuvre de Pajou.
Dans l’attente de retrouver le buste du cimetière disparu, ne serait il pas plutôt intéressant d’œuvrer à réaliser un moulage de ceux existant en guise de remplacement « provisoire »… acte de mécénat mais aussi d’engagement pour Mademoiselle Raucourt qui fut une victime en son temps de ce que les révolutionnaires nommèrent injustement le « Complot Lesbien »…
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