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27-02-2008 20:14
Rien de tel qu'une journée au lit avec une bonne crève pour lire un bouquin où les pages se tournent facilement et régulièrement.
Alex Taylor, vous le connaissez peut-être. Il présentait continentales sur France 3. Son petit accent, son beau visage, sa stature. Yum, j'étais fan. Tellement que le jour où il m'a embrassé sur le quai des Tournelles lors du bal gay de l'époque, j'en étais complètement bouleversé. Depuis, je l'ai aperçu plusieurs fois dans des boîtes, il papillonne, offre des sourires à tomber et traîne nonchalamment son assurance avec un regard inquisiteur.
Bref, notre bel anglais a décidé de divulguer sa sexualité et d'en analyser ses origines dans un livre qui est assez surprenant par son rythme découpé en vie de 7 à 20 ans en Angleterre, vie antérieure de son ami depuis mort du SIDA, son arrivée à Paris, aventures SM, ses impressions de voyages et des endroits où il a vécu.
Il aime choquer le Alex et ne s'en prive pas en consacrant une bonne deuxième partie de son livre à ses expériences SM. Les "plans" étant détaillés de A à Z. Et il a poussé le bouchon assez loin pour en retenir les différents stades, ceux qui l'on amené à la peur, la douleur et puis, jeunesse passée oblige, au sens réel de ses perversions : l'expression de ses angoisses infantiles.
Au final, cette autobiographie, fruit de ses carnets intimes, n'est pas loin de celle de n'importe quel gay, son enfance, la découverte de la différence, la sexualité, les amis qui meurent, les débordements passionnels, les backrooms, les clubs, la drogue. Seul le côté SM et sa quête frénétique et sans mesure le mettent en marge des "your average gay man".
Ce bouquin m'a rassuré. Rassuré du fait qu'après tout, nous ne sommes que des humains avec nos bagages personnels et notre façons de dealer avec. Je pense notamment à mes moments de recherche de decryptage de la fascination envers des gens rencontrés dans des soirées, des boîtes, etc., à cet espèce de fil qui nous relie tous mais ne nous fait pas communiquer, communier. Tel qu'Alex, j'ai vécu des moments ou cette communion s'est faite, sous l'effet du chagrin, de la musique ou pour lui d'un bain de boue à Berlin.
Et rien que pour cela, ça valait le coup d'être malade aujourd'hui et d'avoir lu son livre. Evidemment, la prochaine fois que je le rencontrerais, je saurais qu'il est un grand pervers mais qu'au final, il rêvait d'être Emma Peel de 'Chapeaux melons et bottes de cuirs".
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