
Fafa
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28-12-2007 21:01
Ne soyez pas effrayé(e)s par la longueur du texte, mais cet article est juste excellent. Même pour une néophyte comme moi, le style et le sujet de l'article finiront par vous séduire et surtout vous apprendre bien des choses, sur l'évocation du lesbiènisme dans certaines oeuvres du Louvre. Et puis un peu de cluture pour finir la fin de l'année à la place de l'info bling bling ne nous fera pas de mal, n'est ce pas ?
Voici le lien sur l'article et par la suite le texte ( bonne lecture )
http://www.ladixiememuse.com/Archives/t … fault.aspx
Le Lesbian Tour du Louvre Dossier publié dans le numéro 25 du magazine La Dixième Muse
Et si la Joconde était lesbienne ?
Le palais du Louvre, l’un des plus grands musées au monde avec 8,3 millions de visiteurs en 2006, vous dévoile ses dessous saphiques dans une visite guidée hors des sentiers battus; munissez-vous d’une bonne paire de chaussures et d’une souris pour découvrir sur le site web du musée, déjà consulté par 9,6 millions d’internautes, parmi plusieurs milliers d’œuvres, celles qui ne sont pas exposées dans le musée. Alors avant de prendre un bain avec d’affriolantes jeunes femmes et d’assister au coming out de Mona Lisa, laissez-vous séduire par le Louvre antique et ses naïades, déesses et autres délicieuses créatures. Par Cécile Duclos
L’héritage antique Le Louvre regorge de tableaux et de sculptures inspirés de thèmes antiques, et dans les allées royales les nymphes et les allégories se disputent la compagnie des déesses dans d’inoubliables garden-parties, alors que Sappho et Hermaphrodite lorgnent sur les combatives Amazones.
Hermaphrodite ou le triomphe de la bisexualité Commençons notre visite par la salle des Caryatides (Sully, RC, Salle 17) où assoupi sur un lit vous attend l’Hermaphrodite endormi (IIe s. ap J.-C). Le dieu vu de dos possède tout des attraits d’une belle jeune femme, de la cambrure des reins à la rondeur des hanches et des fessiers, accentués par la blancheur laiteuse du marbre. Mais si l’on contourne la statue, on aperçoit, niché dans les draps, un sexe masculin. Car Hermaphrodite est avant tout l’incarnation de la bisexualité, comme Ovide le conta dans ses Métamorphoses. Fils d’Hermès et d’Aphrodite, sa nature féminine naquit de la fusion de son corps avec celui de la nymphe Salmacis, scène que peignit Francesco Albani dit L’Albane (Denon, 1er ét., Salle 12) dans Salmacis et Hermaphrodite (1630-1640). Un autre Dieu, Bacchus, fut souvent évoqué comme un être androgyne; vous pourrez en croiser un étonnant spécimen d’1m 70 parmi les peintures italiennes, également dans la Grande Galerie (Denon, 1er ét., Salle 8), appelé pudiquement Bacchus (IIe s. ap J.-C).
Les amazones, indomptables guerrières Installons-nous à présent devant L’Amazone domptant un cheval (1843), bronze réalisé par Jean-Jacques Feuchère (Richelieu, RC, Salle B), qui représente une magnifique amazone au corps musclé chevauchant nue un cheval sauvage. En détaillant les figures de la femme et du cheval, leurs mouvements et leur chevelure, la nudité de la guerrière et de la bête non scellée, vous ressentirez toute l’énergie sexuelle de cette statue équestre. Une autre amazone n’est accessible que sur Internet (base Atlas), L’amazone blessée du type de « Sôsiclès » (IIe s. ap J.-C).
Sappho, 10ème muse Une boucle par les salles voisines Barye et Chaudet pour un bref hommage à notre égérie Sappho, surnommée la « dixième muse » par Platon : célèbre pour avoir dirigé à Lesbos une école de jeunes filles, qui lui ont inspiré de magnifiques poèmes d’amour, Sappho n’est malheureusement présente au Louvre qu’à travers deux statues fort conventionnelles, Sapho et Phaon (1851) d’Eugène-Louis LEQUESNE (Richelieu, RC, Salle 33) et Sapho (1801) de Claude RAMEY (Richelieu, RC, Salle 31).
Les stèles funéraires, lecture libérée Direction le département des Antiquités grecques, étrusques et romaines (Denon, entresol, Salle 3) : prenez quelques minutes pour contempler le fragment de stèle funéraire L’exaltation de la fleur (480 - 450 av J.-C.), où deux belles jeunes femmes, mêlant sensualité et délicatesse, se tiennent face à face, les yeux dans les yeux, une fleur à la main. A présent, une petite pause détente pour le moins farfelue : visible uniquement sur Internet, la stèle égyptienne des Lamentations pendant l’enterrement (vers 1330 av J.-C)., mérite un examen approfondi, celui des pleureuses aux nattes géométriques. Observez bien les deux femmes éplorées, l’une les genoux et les coudes au sol, l’autre derrière, le couple étant repris en arrière-plan par d’autres couples dans une position similaire: ne semblent-elles pas goûter à des plaisirs interdits, acclamées par leurs semblables, les bras levés au ciel ?
Les Allégories, adeptes du libertinage Partons maintenant à la rencontre des Allégories, figures grecques antiques incarnant une idée abstraite. Parmi elles les Charites, assimilées aux Trois Grâces, à ne pas confondre – on vous voit venir, bandes de farceuses ! - avec les Trois Grasses (même si les canons de beauté préconisaient parfois la générosité), sont formées par Euphrosyne qui personnifie l’allégresse, Thalie, l’abondance, et Aglaé, la splendeur. L’ensemble ainsi formé symbolise l’intensité de la vie, la sexualité, la gourmandise, et le plaisir. Ces jolies sœurs gambadent dans de nombreuses allées du Louvre,
batifolant de sculptures en tableaux à travers les siècles. Dans la salle des Caryatides (Sully, RC, Salle 17), sur un morceau de bas-relief, des Trois Grâces (IIe s. ap J.-C), ne restent que des corps enlacés sans têtes ni pieds, que vous pourrez sans rougir contempler à loisir. Dans la même salle, une autre sculpture en marbre du même nom et de la même époque, en trois dimensions cette fois-ci, vous permettra d’admirer sous tous les angles les jeunes femmes entièrement nues. Enfin, dans la salle Pradier, vous apprécierez les Trois Grâces tendrement enlacées grandeur nature de Jean-Jacques Pradier (Richelieu, RC, Salle 32).
Sur toile, les Grâces prolifèrent tout autant : Botticelli, qui peignit une admirable fresque florentine Vénus et les Trois Grâces offrant des présents à une jeune fille (1510), vous offre dans la salle Percier et Fontaine un précieux témoignage de cette allégorie à la renaissance (Denon, 1er ét., Salle 1). Un siècle plus tard, Jacques Blanchard (Richelieu, 2e ét., Salle 12) aborda le sujet dans Vénus et les Grâces surprises par un mortel (1631-1633), y ajoutant au passage une touche luxurieuse: les trois jeunes filles semblent goûter la compagnie de Vénus, déesse de l’amour, des plaisirs et de la beauté, tout autant que la compagnie de leurs sœurs respectives : nues, elles sont allongées pêle-mêle les unes sur les autres, sous le regard perplexe d’un homme. Ajoutons que le nourrisson, Eros, symbolise l’amour tout autant que sa mère présumée, plongeant les personnages dans un flot de volupté et d’érotisme. Le baron Jean-Baptiste Regnault (Sully, 2e ét., Salle 53), inspiré par les sculptures antiques (vous remarquerez la position des Grâces, semblable), reprend le thème des Trois Grâces (1797-1798) en hommage à la beauté féminine.
Enfin dans la salle Georges de La Tour (Sully, 2e ét., Salle 28), l’Allégorie de la Victoire (1635) de Mathieu Le Nain, vous montrera la Victoire en femme ailée triomphant d’une figure féminine qui pourrait être la Tromperie, l’Intrigue ou la Rébellion. Cette composition où une femme nue foule aux pieds une autre femme nue, allongée dans une attitude à la fois soumise et alanguie, pourrait aussi bien être l’allégorie contemporaine du sado-masochisme illustré par la maîtresse avec son esclave.
Les nymphes, objets de tous les fantasmes Célébrons comme il se doit les nymphes, divinités féminines d’une grande beauté associées à la nature : sur le panneau Vénus entourée de nymphes regardant une ronde d’Amours (1716-1720) de Sebastiano Ricci (Denon, 1er ét., Salle 24), Vénus siège nue au milieu de ses nymphes tout aussi nues. D’Adriaen van der Werff (Richelieu, 2ème ét., Salle A), Deux femmes dansant devant un berger jouant du pipeau (1718), dites aussi Nymphes dansant, effectuent de délicats pas de danse la main dans la main, devant un berger entièrement nu, apparemment inspiré par le spectacle qui s’offre à ses yeux, métaphore à peine voilée du fantasme masculin pour les amours saphiques. Un peu plus loin (Richelieu, 2ème ét., Salle 22), ne manquez pas le Sommeil de Diane (1630-1640), de Jan Thomas van Yperen : Diane, intégralement nue, dort avec l’une de ses nymphes (peut-être sa tendre Callisto). Les jeunes femmes se reposent-elles après avoir partagé d’intenses plaisirs saphiques? Cette sieste coquine est-elle réelle ou bien appartient-elle aux fantasmes de Diane, de sa nymphe, ou de l’homme caché derrière l’arbre qui les observe, en relais satyrique du spectateur ?
Le bain coquin Les jolies naïades, divinités et autres jeunes filles devraient prendre garde lorsqu’elles prennent leur bain, l’œil gourmand du peintre n’est jamais bien loin et celui, amateur, du visiteur, s’est maintes fois réjoui à la vue des délicieuses baigneuses épinglées sur les murs du palais en pleine water-party.
Les jeux aquatiques de Diane Personnage emblématique, Diane (Artémis) refusa de se marier, obtint la virginité éternelle et devint reine des bois. Elle chasse armée d’un arc et escortée de chastes nymphes, parmi lesquelles la sublime Callisto qui lui jura de garder sa virginité. Mais un jour, Zeus s’éprit de la nymphe. Passé maître dans l’art de la ruse et des conquêtes féminines, à son habitude, il se métamorphosa pour approcher la jeune femme étendue sous un arbre ; mais cette fois, ce ne fut ni en cygne ni en taureau, mais en… Diane. Et oui, vous ne rêvez pas, c’est dans la peau de la déesse qu’il parvint à ses fins, ce qui valut à la malheureuse Callisto une mort tragique lorsque Diane découvrit qu’elle était enceinte. Faites une halte devant Diane découvrant la grossesse de Callisto (1608-1611) d’Hendrick de Clerck (Richelieu, 2e ét., Salle 16) : la déesse insouciante se prélasse avec ses nymphes au bord de l’eau alors que la grossesse de Callisto, au ventre arrondi, est sur le point d’être découverte. D’autres tableaux, issus du mythe d’Actéon, enrichissent la série des bains de Diane avec ses ravissantes nymphes. Un jour, le chasseur Actéon surprit par hasard la déesse qui se baignait avec ses nymphes dans la forêt ; cette dernière, furieuse et sans défense, le transforma en cerf et il finit dévoré par ses chiens. Vous trouverez deux tableaux du même nom et du même peintre (Denon, 1er ét., Salle 15 et Salle 12), Actéon métamorphosé en cerf (1617 et 1640) de Francesco Albani décrivant le passage précis où Actéon surprend les jeunes filles qui folâtrent, nues, et amorce sa métamorphose en cerf. Sur le même sujet, notons l’incomparable Diane et Actéon (1603-1604) de Giuseppe Cesari, dit le cavalier d’Arpin (Denon, 1er ét., Salle 15). Pour vous remettre de vos émotions, faites un saut sur la cyber toile : dans Diane sortant du bain (1742), François Boucher s’inspire du même épisode mythologique (remarquez les deux chiens qui flairent une présence étrangère). Après une partie de chasse, une nymphe procède à la toilette de la déesse, thème a priori classique. Mais leurs joues empourprées, leur nudité inhabituelle en pleine nature, le tissu déployé sous elles comme un drap, le regard de la nymphe sur le corps de Diane, le cadre enchanteur comme le paradis perdu où fut croquée la pomme défendue, semblent dissimuler un message bien moins académique, appuyé par l’érotisme flagrant de la toile.
La toilette de Vénus Une autre adepte des toilettes prodiguées par de gracieuses jeunes filles, Vénus, vous attend dans la salle Cousin et Caron (Richelieu, 2ème ét., Salle 9), dans Vénus à sa toilette par l’Ecole de Fontainebleau (XVIe s.): dénudée comme sa maîtresse, une jolie servante contemple d’un air soumis Vénus, qui s’admire dans un miroir. Les drapés, l’amphore symbole sexuel féminin, l’Amour qui tend un vase, sont autant d’éléments qui soulignent le caractère charnel de la toilette de Vénus, qui n’est peut-être pas si innocente qu’elle n’y paraît. Dans la même salle, une autre variation pour le moins énigmatique à ne manquer sous aucun prétexte - même si votre voûte plantaire se rappelle à votre bon souvenir -, l’Allégorie mythologique (1580) peinte par la même école, met en scène les trois Grâces qui prennent un bain en se tenant la main, tandis qu’au premier plan, une naïade met en garde Vénus : l’Amour assoupi est menacé par des putti, nourrissons joufflus et moqueurs. La particularité du tableau réside en l’apparence de la naïade, nymphe aquatique habituellement représentée comme telle, ayant ici les attributs terrestres du faune : oreilles pointues, feuillage pareil à un pelage, traits épais… Murmurant à l’oreille de Vénus, cette naïade à l’apparence d’un faune - créature libidineuse dont l’activité favorite consiste à poursuivre les nymphes de ses assiduités - ajoute une touche équivoque à l’œuvre, le couple formé par Vénus et la naïade remplaçant le couple usuel du faune et de la nymphe.
Le téton de Gabrielle d’Estrées Dans la salle mitoyenne (Richelieu, 2e ét., Salle 10), Gabrielle d’Estrées, favorite d’Henri IV, qui la fit marquise puis duchesse et faillit la faire reine de France en l’épousant, est l’objet de l’un des tableaux les plus insolites du musée, également peint par l’école de Fontainebleau, le Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées et de sa sœur la duchesse de Villars (1594). Gabrielle y partage sa baignoire avec sa supposée sœur qui, dans un geste qui ne pourra que capter votre attention – friponnes ! -, lui pince le téton. Si certains y virent un sous-entendu à la maternité de Gabrielle, qui eut en 1594 son 1er enfant avec le roi, d’autres virent dans cette caresse saphique une allusion aux mœurs libertines des deux sœurs.
La baignade fortuite Au XVIIème siècle, l’occasion fit souvent le larron, et celui-ci, fripon, s’empara du moindre prétexte pour exhiber les atouts féminins. Parmi les thèmes de prédilection, citons les pérégrinations de Clélie, une jeune romaine prise en otage qui parvint à s’enfuir en traversant le Tibre, suivie de captives toutes aussi émoustillantes les unes que les autres, du moins si l’on en croit les diverses reproductions picturales. Cet épisode séduisit Jan van Noordt (Richelieu, 2ème ét., Salle 36), qui nous gratifia d’une baroque Clélie passant le Tibre pour fuir le camp de Porsenna (1660-1670). Le tableau représente un groupe de jeunes filles dénudées, seules sur un rocher au milieu des eaux, insouciantes : aucune précipitation n’est perceptible, résumant ainsi parfaitement le dessein de l’artiste, peindre des nus féminins. Quelques salles plus loin (Richelieu, 2e ét., Salle 21), Clélie passant le Tibre (XVIIe s.) de Paul Rubens et son atelier, donne un aperçu peu conformiste du sujet : les jeunes filles s’apprêtent à traverser le fleuve, certaines sont nues, d’autres grimpent à deux sur un cheval, leur nudité à peine voilée. Autre indice de la tournure charnelle que prend l’épisode sous le pinceau du maître, la présence de deux hommes, dont l’un regarde le cortège et l’autre aide une jeune femme à monter à cheval en empoignant ses fesses. Détails explicites : le voyeur et l’actif participent tous deux au même fantasme lesbien. Pour saluer votre dernière Clélie passant le Tibre (1635-1645) de Jacques Stella, à votre souris ! Une jeune femme y tend les bras à son amie pour la hisser derrière elle en un geste tendre, le regard rivé à elle, regard ambigu souligné par la rougeur intempestive de ses joues. A l’arrière, une rescapée paraît les regarder avec convoitise, comme envoûtée par la scène galante qui se joue sous ses yeux. Enfin, laissez-vous charmer par les plantureuses Baigneuses (1763-1764) de Fragonard (Sully, 2e ét., Salle 48), aussi tactiles que sensuelles, qui n’ont ni l’œil innocent ni la main prude, et s’ébrouent nues sur les rives d’un cours d’eau.
Les harems, une vision occidentale A deux pas (Sully, 2e ét., Salle 60), délectez-vous de l’exquis Bain turc d’Ingres (1862). Taillé en cercle, il s’observe comme à travers un œilleton : de spectatrices vous deviendrez alors voyeuses, et apprécierez le caractère hautement érotique de l’ouvrage. Au premier plan, une jeune femme joue d’un instrument à cordes tout en fixant des yeux l’une de ses compagnes, pâmée sur une montagne de coussins : lui chante-t-elle une sérénade ? Le jeu musical dissimule-t-il un message implicite, et un jeu bien moins anodin ? Derrière elles sur la droite, se tiennent deux femmes enlacées : l’une, arborant un sourire satisfait, tient dans sa main délicate le sein de l’autre, dont l’expression reflète plaisir et luxure.
A l’arrière-plan, ce n’est qu’amas de femmes enchevêtrées qui se prélassent et se délassent, toutes plus charnelles les unes que les autres. Ingres opta pour une vision orgiaque et saphique des harems orientaux, tant esthétique que provocante, que certains apprécièrent peu, Paul Claudel qualifiant le chef-d’œuvre de galette d’asticots. Et s’il n’y eut pas de scandale à l’époque, c’est que le tableau resta longtemps entre les mains chanceuses de collectionneurs privés.
Achevons notre visite par le fleuron du musée, la célébrissime Joconde (1503-1506) de Léonard de Vinci (Denon, 1er ét., Salle 6). Ce portait inachevé cache un secret qui fit couler beaucoup d’encre, l’identité du modèle : s’agit-il de Mona Lisa, épouse de Francesco del Giocondo, d’une maîtresse de Julien de Médicis ou de Léonard, d’un jeune homme travesti, d’une femme idéale ou d’un autoportrait ? Le mystère reste entier et la Joconde conserve son sourire énigmatique. Alors ajoutons sans hésiter une nouvelle conjecture : la Joconde, au visage androgyne, dépouillée de bijoux, aux vêtements sobres, aux mains délicates et à la poitrine opulente, ne serait-elle pas tout simplement lesbienne ? Pour vous en convaincre, poursuivons le Da Vinci Lesbian Tour et examinons ensemble (Denon, 1er ét., Salle 5) La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne, autre superbe huile sur bois du maître italien, précédant de cinq ans la Joconde. Le tableau représente la vierge Marie, sa mère sainte Anne, et Jésus ; cependant, sainte Anne est aussi jeune que sa fille Marie, ce qui rend l’identité de cette dernière litigieuse et tout aussi mystérieuse que celle de la Joconde; de plus, Marie est assise sur ses genoux, comme une femme sur son époux. Fruit de l’immaculée conception - forme d’insémination artificielle ? -, l’enfant jouant sous les yeux attendris de ses « deux mères », complète à merveille ce tableau émouvant d’un couple homoparental. Retournez maintenant devant la Joconde : son visage ne vous rappelle-t-il pas celui de la dite sainte Anne ? La Joconde et la jeune femme qui partage la vie de Marie et élève son fils à ses côtés, ne seraient-elles pas en vérité une seule et même personne ?..
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