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09-10-2007 13:16
UGC et MK2 font cause commune contre un cinéma municipal de banlieue 08 octobre 20:08 - PARIS (AFP) - Après UGC, c'est au tour de MK2 et de son Pdg Marin Karmitz d'attaquer le projet d'extension du cinéma municipal Le Méliès à Montreuil en Seine-Saint-Denis, alors que depuis plusieurs mois le torchon brûle entre grands circuits et salles art et essai.
Le Pdg de MK2 Marin Karmitz, le 14 février 2003 à Paris
AFP/Archives - André durand
"Nous avons déposé un recours séparé de celui d'UGC, auprès du même tribunal, le 13 juillet", a affirmé lundi à l'AFP le Pdg de MK2 qui n'a pas souhaité détailler les arguments juridiques déployés.
"En passant de trois à six salles et de 495 à 1.200 fauteuils, Le Méliès, une salle subventionnnée par les contribuables, sans aucune contrainte de rentabilité, va se retrouver en concurrence directe avec le MK2 Nation et le Gambetta, des établissements privés aux frais de fonctionnement élevés, aux nombreux salariés", a-t-il fait valoir.
En juin, le groupe UGC, troisième exploitant en France derrière EuroPalaces (Gaumont-Pathé) et CGR, avait déjà attaqué devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) le projet d'extension du Méliès.
"L'utilisation de fonds publics pour pratiquer" dans cette salle agrandie "des tarifs subventionnés" constitue "un abus de position dominante" et un "viol des règles de la concurrence", juge-t-il.
UGC est par ailleurs en conflit avec deux autres municipalités: celle d'Epinal (Vosges) qui subventionne un cinéma de la ville et celle de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), qui souhaite ouvrir un complexe. Il a aussi remis en cause une subvention reçue par le Comoedia, un cinéma privé lyonnais.
De son côté MK2, présent dans toute la filière cinéma (production, distribution, édition) proteste contre le "financement par l'Etat d'un certain nombre de lieux culturels, sans qu'aucun bilan ne soit dressé".
Lundi, la municipalité de Montreuil, dirigée par le député-maire apparenté communiste Jean-Pierre Brard, s'est insurgée contre ce nouveau recours juridique qui menace son projet. Quelque 70 cinéastes dont 7 Palmes d'or ont signé un texte de soutien au Méliès.
Pour la municipalité de Montreuil, UGC et MK2 qui "trustent 44% des écrans parisiens et plus de 55% des entrées" grâce à la carte illimitée commune lancée début septembre, veulent "faire pression sur le législateur pour qu'il libéralise entièrement le secteur de l'exploitation".
Cet affrontement entre grands circuits et salles art et essai, a pimenté les débats du 62e congrès de la Fédération nationale des cinémas français la semaine dernière à Deauville (Calvados).
La directrice du Centre national de la cinématographie (CNC) Véronique Cayla a tenté d'apaiser les tensions en affirmant pendant le congrès que les "salles publiques ou para-publiques ont toute leur place et toute leur légitimité".
Celle-ci repose sur la "différence que proposent les salles publiques par rapport à une exploitation purement commerciale" a-t-elle dit, minimisant le problème: "si près de 20% des exploitants relèvent du droit public, ils captent moins de 2% des recettes de l'ensemble de l'exploitation".
Du côté de la FNCF, la prudence est de mise sur un sujet épineux qui divise les quelque 1.500 adhérents de l'organisation.
"Ce n'est pas parce qu'un établissement fait beaucoup d'entrées qu'il a une grosse rentabilité", dit à l'AFP Jean-Marc Ageorges, secrétaire général de la FNCF, soulignant que depuis leur apparition en 1993, les multiplexes ont réalisé de coûteux investissements pour améliorer le confort du spectateur et accroître la fréquentation des films français.
"Nous sommes dans un secteur où les marges d'entreprise sont extrêmement réduites et un recul de la fréquentation de 10% peut faire basculer l'exploitant dans le déficit", dit-il.
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