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Cinéma » Les Chansons d’Amour , de Christophe Honoré

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Image de jackg
jackg
24-07-2007 17:37

Beau film, moi qui n'aime pas trop les comédies musicales en général, j'ai beaucoup aimé. Louis Garrel, Ludivine Sanier et Grégoire LPR sont vraiment excellents.

 

lehero...
28-05-2007 22:04

Pas grand chose à rajouter à ce que tu as très justement dit ci-dessus
effectivement film magique dont on ressort différent

 
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filouc...
28-05-2007 01:34

Film d'amours, film sur l'amour... et en plus un beau film sur Paris, cette ville qui nous échappe comme une maitresse trop aimée.

 
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LaLuca...
27-05-2007 02:35

Après le périphérique Dans Paris, c’est au cœur de la capitale, loin des images de cartes postales, qu’Honoré plonge pour cette étude sur les tribulations de l’Amour.
Car s’il ya du deuil dans l’air, c’est bien d’amour qu’il s’agit ici, tout du long, sous toutes ses formes, rondes, voluptueuses, plates, viriles, amourettes gentilles, attirances passagères, désir profond, grand amour, violent, passionné sauvage comme l’adolescent ou tranquille, chaud et réconfortant comme une vieille connaissance…

Si le film est chanté, il est aussi théâtral, divisé en trois actes, décrivant non pas les situations des personnages mais bien cet amour fluctuant, replaçant à chaque acte, comme pour rappel, cet amour en sujet central.
Les morceaux chantés, modernes, musicalement, n’étant que la voix intérieure des personnages exprimée en toute liberté de parole lyrique, en quelque sorte. De gens sautillants se mettant soudainement à s’exprimer en chanson, il n’est point ici question, puisque c’est juste, réellement, en musique la pensée qui s’exprime.
Car tout lettrés qu’ils soient, aucun des protagonistes n’arrive pourtant à articuler ses émotions.
Et c’est via les compositions originales, poétiques, d’Alex Beaupain, qui traduisent ce que toutes les chansons d’amour racontent, qu’ils expriment alors leurs sentiments, autrement tus.
Des pensées musicales plus souvent visuellement marmonnées, d’ailleurs, que réellement prononcées, même si claires à nos oreilles, et à qui il arrive même, finalement, de redevenir, un moment, lors d’une scène amoureuse, pensées chantées plus qu’articulées.

Au delà de cette mise en forme donnée, le réalisateur aime à surprendre, usant d’une mise en scène parfois emprunte d’une audace, pas si peu commune, cassant le rythme et créant la surprise de plans-photos N/B, déroutant le spectateur au même moment que le film, qui nous surprend alors à nous mener loin d’où on l’attendait !
D’un plan de têtes-couples, têtes en bas, répété à l’envi, au dos des femmes aux actions identiques, interchangeables en passant par la simple présence d’une actrice, le film regorge ainsi de subtiles notes distillées par l e réalisateur comme un peintre des touches en sous couches sur une toile.
Le mélange des genres, au niveau formel, est total, faisant quelque part écho aux petites mésaventures amoureuses des personnages.

Une apparition par ci, un clin d’œil par là…
C’est aussi toute une génération du jeune cinéma français qui se retrouve ici et se serre les coudes. C’est ici aussi, clairement, à plusieurs niveaux, par clins d’oeils évidents notamment à Demy, un hommage. Un acte redondant si passage obligé, mais que le réalisateur pose, une fois encore, en toute bonté, générosité, tel un remerciement pour tant de plaisir passé, envers ceux qui lui ont donné ses envies de cinéma.
Ainsi, Chiara Mastroiani, sous son parapluie mouillé, attendrissant pendant à sa mère, 40 ans auparavant, qui pour la première fois, présente réellement avec elle un air de famille, surtout au travers de ses grands yeux cerclés de noirs. Une Chiara incroyablement ressemblante à une rondelette Catherine vieillissante, qui n’est pas sans rappeler, du coup, également, une certaine Françoise Dorléac…
De Rochefort les marins également sont là, subitement présents dans le cadre, presque incongrus …
Chiara Mastroïani, magnifique, d’ailleurs la seule de l’ensemble un peu bobo-intello à interpréter un personnage engoncé dans la « norme », telle la représentation d’un monde passé, les autres ne se posant aucun, jamais vraiment, la question de l’orientation, suivant le flot plus ou moins vacillant de leurs désirs.
C’est du coup, par ce refus d’étiquetage, au-delà d’un embrassement de la philosophie queer, la simple affirmation d’un constat, d’un désir, d’évolution des mentalités que pose le réalisateur.
Et par ce refus d’étiquetage amoureux, c’est aussi un refus d’étiquetage pour son cinéma qu’il réclame.
Ainsi, Les Chansons d’Amour, qui pourrait avoir l’air s’être un film qui part dans tous les sens, est en fait incroyablement cohérent, la forme répondant au fond en un ficelage savamment ordonné.

La direction d’acteurs est parfaite, sensible, et avec Louis Garrel, Honoré semble ici avoir trouvé son nouvel acteur fétiche, comme si, après avoir utilisé Duris dans Dix-sept fois Cécile Cassard, (dans lequel il avait déjà timidement abordé le thème musical, pour une scène hommage), Dans Paris avait en quelque sorte servi de passation de pouvoir.
Ce film pourrait d’ailleurs être en quelque sorte la suite du précédent. Des parents d’Ismael on ne sait rien sinon qu’ils existent. Jamais on ne les voit, comme si on les avait déjà trop vu avant. C’est ici seul, dans sa nouvelle vie, dans la continuité de sa vie, dans un autre groupe, une autre sphère, qu’on le suit.
Mais ce n’est qu’un angle de vision, une hypothèse lancée en l’air. Car après tout, qui ils sont, qui ils ont été, n’est pas si important, les personnages n’étant pas le sujet central du film, mais seulement les moyens, les outils à l’histoire, une Histoire d’AmourS.

Bien entendu, il y aura toujours les irréductibles, rebutés par le genre musical.
Mais c’est ici bien plus qu’un film chanté, puisque au-delà de ça, c’est un film beau, une œuvre romantique où chacun peut y trouver son compte, dont on ressort, et on ne sait trop pourquoi, avec le sourire, un GRAND sourire heureux !

Et si j’avais jusque là du mal, je crois que là, j’ai trouvé MON « film de l’année » !

PS:
Et sorry pr les "MySpace Haters", mais le seul site "officiel": http://www.myspace.com/leschansonsdamour
;->

Dernière modification par LaLucarne (01-06-2007 13:59)

 
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