antoin

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antoin (antoin) est un homme homosexuel célibataire.
Il a 45 ans et habite PARIS - France.

Il s'est inscrit le 29 mai 2008
Sa dernière visite : 11 octobre 2008

Image de antoin

http://perso.gayattitude.com/antoin/


Découvrez Rufus Wainwright!

http://i34.tinypic.com/35d2t5w.jpg     j'aime bien zelink ,''le lien ",je trouve que c'est une bonne idée                                                                                                 http://img384.imageshack.us/img384/4773/citroui3ls2.gif


à PARIS depuis quelques mois, je me rend compte à quel point je connais mal la ville ou j'ai choisi de vivre apres de tres nombreuses annees sur la cote d'azur
,en gros un mec un peu cultivé et qui ne demande qu'a l'etre plus. ouvert sur le monde et les autres mais plutot timide voire beaucoup malgré tous mes efforts pour changer, page perso ;. 
http://perso.gayattitude.com/antoin/
.                       

J'aime

]http://img366.imageshack.us/img366/1352/microhom031ie8.gif
                             

les idealistes,les gens passionnes ,la musique beaucoup , l'ART quand il m'emeut ,reflechir (beaucoup ) ,la philo, la psycho ,et les sciences humaines en general.
Les livres que l'on traine avec soi toute une vie,les plages desertes du bout du monde ou je peux etre nu et libre ,
NEW YORK , LONDRES , SYDNEY et MEXICO CITY et mon sud par dessus tout , la provence et ses villages haut perchees, le SURFER d'argent ,bd marwell ,c'est toute mon adolescence ,
TELERAMA ,meme si je rale tout le temps sur leurs critiques de films,
les mecs qui me refont mes lacets de chaussures,vu que je suis pas doué en la matiere ,
les bons repas entre amis  ( j'aime bien faire la cuisine), les mecs les vrais qui assument leur part de feminité, et le sexe parce que c'est bon quand on a la chance d'avoir un bon partenaire !
es mecs qui me font rire, et ceux qui m'apprennent des choses ET VIVRE intensement, et keith haring enormement et me detendre , l'humour ,le second degré

Je n'aime pas

http://i34.tinypic.com/35d2t5w.jpgLa froideur des parisiens ,le coté ,on baise d'abord, on discutte apres,les precieuses ridicules parisiennes imbues de leur pseudo culture ou croyant l'etre et qui se prennent pour le centre du monde.lesgens interesses, non sinceres, les egoistes,les mecs trop surs d'eux, les carrieristes ;ceux qui pensent à leur retraite,c'est pas grave mais mon mec je le veux svelte ,
les mecs tortures parce je le suis deja moi meme et la va y avoir de la vraie concurrence ,ceux qui se plaigent tout le temps ,ca je le fais bien tout seul aussi ,les mecs froids et distants sauf quand c'est par timidite

Santé/Bien-être ?

Adherent association sportive Aquahomo ,trés sympahttp://i36.tinypic.com/nyw579.jpg

Culture ?

http://i38.tinypic.com/8zjtye.jpgtoujours envie d'apprendre, je crois que la musique c'est ce qui me caracterise le mieux,apres c'est le theatre , l'histoire ( surtout la periode depuis Napoleon III ,merci pour Paris, monsieur le baron haussman, le dadaisme,  ,  , New York années 30  http://i37.tinypic.com/oqmako.jpg

Arts plastiques ?

encore assez inculte dans ce domaine,ca serait sympa trouver un mec qui m'en apprenne un peu plus,j'adore le musee d'orsay,j'y vais tout le temps                   bon ca pas trop avec art plastique ! mais enfin c'est qu'a part l'ecole de nice  (ben et les autres) je suis un peu inculte en ce domaine

Musique ?

rufus wainwright ,'j'adore sa voix, antony and the johnson beirut coldplay,chris garneau,saez parce qu'il est bien torture comme moi,                                     dominique A,enrique iglesias , eric satie parce que c'est sympa les jours de pluie la musique bresilienne latine quand j'ai un coup de blues                                                                                                                                                                                                                                                                                    la bonne house de londres parce que j'adore sortirdansersur de la bonne musique et a paris c'est dur ;les bons standards du jazz americain surtout a noel parce que ca me rappelle new york et mon copain                                                                    william orbit j'adore et meme mylene farmer parce que si elle existait pas faudrait l'inventer,et puis tellement de choses que je peux pas tout mettre
Square One-Coldplay





Loisirs ?

faire les boutiques et depenser des sous ca je sais bien faire mais mon banquier est pas d'accord, SKY! ca fait superficiel  ! j'aime bien les ballades en foret , les bons livres et jouer de la musique ,et decouvrir paris

Danse ?

de la bonne musique ,des beaux mecs et j'oublie mes soucis, tout seul devant la glace ,c'est bien aussi mais je prefere torse poil ds un lieu chaud et branchouille a mort, bon j'aime beaucoup la danse moderne aussi,Angelin Preljocaj ; et hop un petit clip que j'aime bien Samamidon- Tribulation              

Ecrire ?

  j'adore pessoa je lis beaucoup de ses poemes en ce moment ,rimbaud ,verlaine ,j'y reviens tout le temps, albert camus

Jeux de cartes ?

j'aime pas les cartes sauf le strip poker , euh là je dis pas non                                               

Jouer d'un instrument ?

je joue du piano et j'aimerai bienen racheter  un quand j'aurais la place, la je viens d'acheter une guitare ( et c'est genial pour reprendre les standards que j'aime           

Voyages ?

http://i37.tinypic.com/t7j39x.jpgj'adore prendre l'avion j(aimerai bien retourner a sydney pour la gay pride en fevrier et je suis fan de surf ,le mexique nsurtout la cote pacifique, le nord de la thailande pour ses elephants ,londres pour sa vie nocturne ,new york pour l'archictecture ,san francisco parce que c'est beau ,la guadeloupe pour me reposeret pour la soufriere, l'italie parce que je m'y sens comme chez moi

Cinéma ?

j'adore les films indiens et les films de science fiction parce que de toute facon la verite est ailleurs, les comedies romantiques ou je pleure, certains films  x   et michel gondry   : La Fin de "American Beauty"     

Engagements - militantisme ?

ya tellement de choses qui m"enervent que oui j'aimerai bien m'engager un peu et donner un peu aux autres j'attends juste l'occasion de le faire

Langues étrangères ?

j'espere bien apprendre l'allemand ,je l'ai appris a l'ecole mais il m'en reste rien et je le regrette, l(italien je le parle couramment ,l'espagnol je me debrouille bien mais j'aimerai bien le parler couramment,l'anglais c'est la langue que je prefere parler mais pourquoi je suis pas né anglophone?           

Lecture ?

   

CHRISTOPHE DONNER
Ma vie tropicale

Christophe Donner vit à Mexico depuis deux ans. Il est l'auteur, entre autres, de Mon Oncle (Grasset, 1995), Retour à Eden (Grasset, 1996), Forme d'amour n° 3 ou 4 (Grasset, 1997).
 


ierre Alter a un cancer du poumon avec des métastases à la colonne vertébrale. Les médecins disent que c'est parmi les choses les plus douloureuses qui soient. Il va souvent à l'hôpital. Il a une pompe à morphine sur lui.
Ma mère est étonnée qu'il n'ait pas maigri. Sans doute à cause de la cortisone, dit-elle.
Alter a été le premier amant de ma mère, après avoir quitté mon père, le premier avec lequel je l'ai vue vivre. J'avais neuf ans. C'est le premier homme que j'ai trouvé beau. Il avait un dos très plat et un port de tête extraordinaire qui prolongeait la droite ligne de ce dos jusqu'au sommet de son crâne.                                                                                                                                           
Mon père, je ne l'ai jamais trouvé beau. Beaujouan, oui. Car Pierre Alter s'appelait Yves Beaujouan, avant, quand je l'ai connu. Et ce nom lui allait très bien, trop bien sans doute, pour qu'il éprouve le besoin de le changer. Alter, à cause d'altérité à cause de l'altération, de la psychanalyse et Pierre je ne sais pas, pour fonder une église, je suppose.
C'était un homme grand et fort qui réparait des voitures américaines, et roulait en voitures américaines. Il peignait aussi, faisait des sculptures, des traductions de polars américains. Il aurait dû me faire peur, mais je le trouvais beau.http://i35.tinypic.com/255s2sx.jpg
Après le divorce de mes parents, je suis parti vivre au Mozambique avec mon père et la nana de mon père, Charlotte.
On est restés là-bas six mois, et pendant ce temps Beaujouan et ma mère ont occupé notre appartement de Bagneux, ce que je trouve bien étrange aujourd'hui, mais à l'époque je ne me posais pas la question.
Je suis rentré du Mozambique quelques semaines avant mon père qui voulait traverser l'Afrique en voiture, seul avec sa Charlotte.
En entrant dans l'appartement de Bagneux, j'ai découvert les fresques de Beaujouan.
                                                                                                                                    Il avait peint partout, mais le plus impressionnant c'était cette pieuvre sur le grand mur du salon, une pieuvre énorme, à la Jules Verne. Sur les autres murs, les portes, il y avait des nus, comme des croquis. J'ai tout de suite trouvé ça très beau, et surtout formidable de l'avoir fait, avoir peint sur ces murs qui m'avaient semblé devoir rester blancs éternellement. C'est l'audace, la beauté du geste qui m'avaient plu. Leur charge provocatrice à l'égard de mon père.
Quelques semaines plus tard, en effet, découvrant la pieuvre et les nus, mon père est devenu blanc... Je ne crois pas qu'il y ait eu d'affrontement direct entre Beaujouan et mon père à propos de ces fresques... mon père est un homme agressif, sanguin, une grande gueule violente, mais dès qu'il rencontre plus fort que lui il s'écrase très mollement. Il ne fait aucun doute que Grandjouan aurait allongé mon père en deux coups de cuillère à pot.
                                                                                                                                                J'aurais aimé que cela arrive. Si ces deux hommes s'étaient battus je me serais mis du côté du plus fort, du plus beau, du réparateur de voitures américaines, plutôt que du côté du communiste à gros sourcils traversant l'Afrique en Deuchevot.http://i35.tinypic.com/dbpax4.gif
Mon père a avalé la pieuvre de Beaujouan, il l'a faite sienne, car tous les gens qui venaient à la maison s'extasiaient devant cette œuvre qui faisait désormais partie de lui et de l'attraction qu'il cherchait à exercer sur les autres, il s'en glorifiait, même si, avec Charlotte, ils essayaient de la ridiculiser ou de se l'approprier en y ajoutant des collages de leur invention, mais ils avaient beau la traiter de toutes les manières, la pieuvre était là, avec son œil borgne, elle nous fixait comme le dernier clin d'œil de l'amant de ma mère, immobilisant au-dessus de notre vie de tous les jours ses tentacules hideux, flasques, comme le gant d'une offense jamais relevée.
Aujourd'hui ces deux hommes sont malades, l'un du cœur parce que c'est un sanguin fumeur avec du cholestérol, et l'autre malade des poumons à cause des cigarettes, de l'alcool, et de la tragédie que constitue la vieillesse pour un don Juan comme Yves Beaujouan.
Car dans ma tête d'enfant, don Juan et Beaujouan ne désignaient qu'une seule personne, et aujourd'hui encore je ne peux pas dissocier son nom du mythe, qui est à mon avis une des plus justes représentations de l'individu masculin ; c'est dans la nature exaltante des garçons et c'est leur malédiction que d'être des don Juan.
Ma mère me donne des nouvelles de lui et de ses métastases à la colonne vertébrale. Le mot métastase, c'est l'horreur, ça veut dire que le cancer se propage, qu'on ne pourra plus l'enrayer, qu'il est en train d'envahir le corps.
                                                                                                                                                  Nous parlons des enfants de Beaujouan, je ne sais plus combien il en a, avec quelles femmes, je demande à ma mère pourquoi elle n'a pas eu d'enfants avec lui.
J'ai été enceinte de lui, m'apprend-elle, mais ça n'a pas marché.
Elle se demande si, de toute manière, elle aurait gardé cet enfant, alors qu'elle avait deux gosses avec le père qu'on sait, en avoir un troisième avec un père comme Beaujouan, quand elle voit comment il a fait plus tard, avec ses trois enfants de femmes différentes, comment il a refusé un enfant à sa dernière femme, pour finalement aller en faire un avec sa meilleure copine à elle... quand elle voit le salaud qu'il a été, un trompeur, un pervers, il les a toutes fait souffrir, comme si c'était ça, son but, avec les femmes, en avoir plusieurs à la fois et les faire souffrir.
Mais ce n'est pas le but, c'est la conséquence, c'est le piquant de la chose. Ma mère ne peut s'empêcher de mettre en parallèle, en monnaie d'échange, la souffrance des femmes de Beaujouan avec la souffrance qu'il endure aujourd'hui le long de sa colonne vertébrale, cette fameuse colonne vertébrale qui lui donnait son allure droite, magistrale, avec laquelle, je suppose, il devait séduire si aisément les femmes, puisque c'est ainsi qu'il m'avait séduit, moi, quand j'avais dix ans. Je crois que le lieutenant Blueberry se tient un peu comme ça sur son cheval. Et son visage aussi était beau, classique, avec un regard dominateur.
Ma mère me raconte l'histoire de ce jour où Beaujouan allait tellement mal, une grave déprime, il était parti à la campagne, dans la maison d'Anne-Lise, et une semaine plus tard, le voilà de retour. Ma mère, qui habitait à l'époque au-dessus de chez lui, l'a entendu rentrer, elle a entendu ses pas dans le couloir, dans la cour, et elle a compris qu'il en avait trouvé une nouvelle.http://i38.tinypic.com/2ai0ojp.jpg
En effet, il avait trouvé une fille, là-bas, une amie d'Anne-Lise, une fille vraiment pas séduisante, le contraire d'une conquête dont on pourrait être fier, eh bien il avait fallu qu'il se la fasse, qu'il la rende amoureuse, là-bas, dans cette campagne perdue, et il avait fallu qu'il l'abandonne, qu'il rentre à Paris, regonflé à bloc, traversant le couloir comme un coq, avec ses chaussures qui claquent, qui résonnent aux oreilles de ma mère, sans la moindre équivoque, comme des bottes de don Juan.
Elle aurait mille histoires à raconter sur Beaujouan, mais soudain, en l'écoutant, je me prends à penser que je suis comme lui.
- Il revenait de temps en temps chez ses femmes anciennes pour savoir si son charme opérait toujours, dit ma mère, il semait encore le malheur, il avait besoin de les avoir toutes là, à sa portée, à sa disposition, sous son pouvoir.
                                                                                                                                                  Et moi je pense : Oui, exactement comme moi avec mes amants, j'ai besoin qu'ils soient là, ne pas les perdre, et si je peux les embrasser c'est encore mieux, parce que je les aime tous, toujours, et j'aime les sentir attirés par moi, et rien n'est plus réconfortant que de revenir. Et s'il y en a certains chez qui je ne reviens pas, c'est qu'ils sont morts, ceux-là sont à moi pour l'éternité, bien au chaud dans mon cœur.

Je pars demain pour toujours. J'abandonne. Un abandon programmé que rien ni personne n'aura pu empêcher. Ni les courses à Vincennes, ni le cinéma, ni les livres sans succès, et pas les amours.
La dernière fois que j'ai vu Emilio, j'ai senti à quel point nous étions éloignés, même sur les évidences, il m'a parlé de Céline qu'il s'est mis à adorer, mais c'est comme s'il avait pris cet écrivain par un bout et moi par un autre, nous ne sommes pas attirés par les mêmes choses, je trouve que tout ce qu'il en dit est conventionnel. Et puis je finis par comprendre qu'il essaie de me mettre en rivalité avec Céline, pour m'humilier, me faire mal avec son enthousiasme.
Il avait fait pareil avec le Journal de Gide dont il admirait les premières années, mais qui l'avait déçu par la suite.
- Au fond, il est comme toi, m'avait-il dit avec une pointe de dégoût au bord des lèvres.
Et je suis sûr que Céline, s'il continue à le lire, ça finira par le dégoûter, il trouvera que je lui ressemble, et qu'on fait tous partie de cette sale race d'écrivains. Voilà ce qu'il pense en vérité.
Tout à l'heure, au téléphone, à propos de mon dernier livre, celui que j'ai écrit sur sa vie, il m'a dit :
- Tu n'auras aucun succès, je ne lirai jamais ce livre, j'espère que tu n'auras aucun prix et aucune vente.
Mes livres, quand je les regarde, rangés dans la bibliothèque, c'est du passé, c'est quand j'apprenais à écrire, quand j'étais heureux sans le savoir.
Je fais mes bagages.
Jim est triste bien sûr de me voir partir, et tout le monde est triste, et moi aussi, alors pourquoi je pars, parce que la terre est sèche, ici. Et au Mexique tout pousse, et me pousse.         http://i35.tinypic.com/2lc8ltc.jpg                                                                                                       Ça fait longtemps que je n'ai pas dormi avec quelqu'un, je ne sais même plus faire des rencontres dans cette ville où je suis né. Une chape s'est posée sur moi, un rôle, une paranoïa.
Là-bas, je n'aurai aucune excuse si je ne construis pas quelque chose de fou et de pur. D'absolument intransigeant et étrange. Si ma maison mexicaine n'est pas un lieu de génie absolu ce ne sera que ma faute.
J'ai pris de l'argent à mon éditeur, il ne me reste plus qu'à vivre et écrire. La vie est belle. Je ne sais pas pourquoi je suis triste.

Je suis surpris de trouver ici, à Mexico, tout ce dont j'avais besoin pour aller mieux. Jusqu'au bruit de la rue qui participe à la destruction de ma névrose, comme si les ondes de ce vacarme venaient dissoudre les cellules souffrantes de ma tête et de mon ventre.
Je suis un peu à l'étroit chez Emmanuel, les parents de Bobby sont là. Des Chinois.
Je marche. Je traverse le quartier de La Condesa de long en large, en regardant les maisons où je pourrais habiter. Ils disent tous que ce n'est pas cher, mais ce n'est pas si facile de trouver quelque chose de bien.
Le soir de mon arrivée, je suis allé à La Bola, la discothèque d'Emmanuel. En saluant Fernando, j'ai senti une odeur bizarre, d'acétone ou quelque chose, je lui ai demandé sans réfléchir : Mais qu'est-ce que tu sens ?
Il a bredouillé quelques mots au sujet des produits chimiques qu'il utilise pour tirer ses photos, mais derrière son dos Emmanuel me faisait des grimaces désespérées... j'ai fini par comprendre que Fernando venait de sniffer de la colle. Je ne savais plus quoi dire, il y a eu un malaise. Fernando était mal dans cet endroit, dans cet état, avec cette odeur qu'il portait et qui le désignait au nez de tous comme un pauvre camé.
J'ai l'impression que ces garçons qui prennent de la drogue, cette envie irrépressible qu'ils ont de prendre de la drogue, c'est comme une envie de sexe. On fait n'importe quoi à la recherche de sexe, tout comme ces garçons drogués font n'importe quoi : térébenthine, colle, éther, alors que la véritable envie qui les étreint, à mon sens, c'est une envie de sexe. C'est sûrement plus compliqué, mais ce qui est sûr c'est qu'ils feraient mieux, du moins lui, Fernando, il ferait mieux d'aller au bordel, dans une backroom ou quelque chose, il ferait mieux de se salir et ensuite porter le poids de son vice, c'est pas si lourd, que de sniffer cette colle à bois qui lui détruit les méninges, et n'allège pas le poids du vice, bien au contraire, mais peut-être qu'en se droguant ce poids paraît venir de l'extérieur, de la société par exemple, tandis qu'avec le sexe, la dépravation érotique, on ne peut accuser personne, on est conscient de ce qu'on fait, même avec deux bières dans le nez.http://i36.tinypic.com/kai83s.jpg
Fernando est l'amant d'Emmanuel, mais il ne faut le dire à personne.
En quittant la boîte de nuit, vers quatre heures du matin, Fernando ne sentait presque plus rien.

Sur la terrasse de la maison d'Emmanuel, dans l'épaisseur d'un lendemain de cuite, je fais la connaissance d'Alina, fille du célèbre photographe René Davignon. Elle est au Mexique pour faire des études littéraires, c'est son père qui paye. Elle n'aime pas beaucoup son père, moi non plus.
Alina est la filleule de Dali.
On raconte qu'un jour René Davignon avait ramassé le dessin gribouillé par Pablo Picasso sur la nappe en papier du restaurant où ils avaient dîné,                                                                                                                                   René Davignon faisait ça chaque fois et il s'était paraît-il constitué une belle collection de croquis de fin de repas, mais celui-là était tellement beau, tellement fini, qu'il a cru bon, le lendemain, de l'envoyer au maître en lui demandant de le signer. Furieux, Picasso a déchiré le dessin en mille morceaux et le lui a renvoyé par la poste. C'est ce qu'on raconte.
René Davignon avait rencontré Picasso dans les années cinquante, grâce à ses photos de Gitans, ses premières photos, très belles, dit-on. Il avait eu l'idée d'habiller les enfants Gitans dans les costumes que Picasso avait dessinés pour le film de Cocteau. Il avait montré ces photos à Picasso qui les avait adorées, déclarant sur-le-champ que René Davignon était un génie, à l'époque ça suffisait, Picasso, Cocteau, ils avaient juste à lever le petit doigt et crac, le type était célèbre.
Alina est belle. Elle a une façon très douce de poser des questions d'une crudité affolante. De fil en aiguille, happé par son regard, je lui raconte ma vie.
Elle aime les garçons, et surtout les garçons qui vont avec les garçons, elle aime leurs histoires, leurs façons de se rencontrer.
Elle avait un amoureux, un artiste avec lequel elle n'avait pas encore couché, et qui s'est révélé, cette nuit même, impuissant.
- Un véritable impuissant, dit-elle de ceux qui ne se rendent même pas compte qu'ils le sont. Il me caressait, m'embrassait sur la bouche, tout ça, il ne bandait strictement pas, mais il continuait, comme si c'était ça, pour lui, faire l'amour.
Elle a déjà vécu deux ans avec un impuissant. Elle commence sérieusement à se poser des questions sur son attirance envers les mecs impuissants, elle m'en parle, sur la terrasse, avec sa voix douce. Et le temps passe. Le soir arrive. On retourne à La Bola, et elle me présente Eduardo, qui a dix-neuf ans, qui est amoureux d'un homme plus âgé qui le néglige totalement mais dont il est fou, m'explique-t-elle. Elle aimerait que je tombe amoureux d'Eduardo. Elle lui trouve une étrange ressemblance avec cet acteur français dont elle cherche le nom, Léaud, c'est ça, Jean-Pierre Léaud. Ils ont un peu le même nez, en effet, mais cet Eduardo est beaucoup plus efféminé.
La plupart des garçons qui vont à La Bola sont assez efféminés, les autres on sent qu'ils se retiennent.
Moi aussi je dois être un peu efféminé, je ne m'en rends pas compte, je ne le fais pas exprès. Ça n'est pas moche les garçons efféminés.
Alina n'a pas bougé son fauteuil, et Eduardo est assis sur le bras de ce fauteuil, puis carrément sur ses genoux, et moi je dois m'approcher de plus en plus pour entendre, à cause de la musique. C'est ainsi qu'on commence à se parler, Eduardo et moi, devant le visage d'Alina qui assiste d'on ne peut plus près aux préliminaires de ce qu'elle espère être une histoire d'amour entre deux garçons.
En fait, je suis beaucoup plus troublé par la manière dont elle s'y prend que par ce garçon auquel je ne trouve pas grand intérêt.
Alina est restée dormir chez Emmanuel, dans le salon, où elle a lu mon dernier livre dans la nuit. Le matin, avant de rentrer à Tlalpan, la maison où elle vit, au sud de la ville, elle a laissé un mot sur mon bureau disant qu'elle avait envie de rentrer chez elle au plus vite pour se remettre à écrire.
- C'est une fille pas banale, ai-je dit à Emmanuel.
- Complètement frappadingue, tu veux dire. Jusqu'à l'âge de dix-neuf ans elle était à moitié autiste.
Je ne sais pas depuis combien de temps Emmanuel connaît Alina, ni comment ils se sont rencontrés. Je sais qu'à la mort d'Hédi, Emmanuel a essayé, comme on dit vulgairement, de virer sa cuti, de se mettre avec des filles.                                                                                                                                  Ils ne sont pas restés amants très longtemps, mais assez pour prendre un appartement ensemble et tirer des plans sur la comète. Emmanuel voulait vraiment se marier avec Alina. Ça n'a pas marché à cause des garçons.

Nous buvions tranquillement le café, lorsque Fernando est allé dans sa chambre d'où il a ramené un bocal contenant le fœtus humain que son père lui avait offert quand il était petit.
D'après Emmanuel, Fernando est bien le genre de type à sortir le fœtus de son bocal pour lui faire de petits bisous. En tous les cas, Emmanuel est bien le genre de type à imaginer ça, et moi je suis le genre de type à l'écrire, comme si l'écriture me préservait de tout scrupule.

Les masseurs des Bains Obregon ont des mines patibulaires, ils se promènent dans le vieil établissement humide, nonchalants, une serviette serrée autour de la taille, et ils passent près des clients en leur proposant à voix basse un « petit massage », comme on propose de la came. Ça coûte trente pesos, et avec un léger supplément, ils vous branlent.
Ils ne sont pas beaux, à part Hugo. Pas gentils non plus, à part Hugo. Ils massent plutôt bien, à part Hugo qui fait n'importe quoi, mais avec douceur.
D'abord vous arrivez, on vous donne une cabine, vous sortez avec votre serviette autour de la taille pour vous rendre dans l'une des trois grandes salles remplies de vapeur, et pendant ce temps, le petit Mario vous chipe vos chaussures pour les cirer, même si vous n'avez rien demandé. A la sortie vous en êtes de cinq pesos.
Mario ne fait pas de massages, il reste derrière le comptoir, à cirer les chaussures des clients. Il doit avoir quatorze ans, et s'il s'aventure parfois à l'intérieur du bain de vapeur c'est pour vous apporter un jus d'orange, nettoyer la salle à grande eau, ramasser des serviettes par terre.
C'est comme une famille dont Mario serait le petit dernier. Les autres semblent avoir été élevés ici, parmi la clientèle masculine, à masser, à branler, à passer les deux tiers de leur temps à attendre, d'un banc de céramique à l'autre, la serviette autour de la taille, essayant d'attraper le regard d'un client pour lui proposer un massage.
Je me demande depuis combien de temps il travaille là, et combien de temps ça va durer. Quelle drôle de jeunesse que de cirer les chaussures des pédés, ouvrir la porte de leur cabine en leur tendant une serviette, et plus tard, quand il aura l'âge, les masser, et satisfaire à sec ce qu'ils n'ont pas trouvé dans la vapeur, au milieu de l'orgie ordinaire.
                                                                                                                                    Il doit avoir une vision bien particulière de l'espèce humaine, de la gent masculine. Je me demande quels sont ses goûts, ses penchants sexuels, est-ce qu'il aura encore des penchants après dix ans passés aux Bains Obregon ?
C'est dans une de ces grandes salles aux carrelages usés, aux fenêtres et aux portes bancales, dans le vacarme du vieux radiateur à moitié déglingué, l'après-midi, entre deux jets de vapeur, c'est dans cette lumière un peu diffuse que j'ai fait la connaissance d'Ernesto.
Son souffle avait je ne sais quoi de charmant qui m'a instantanément fait penser à Sergio.
J'avais vingt-cinq ans, je n'avais jamais rencontré un garçon aussi beau. Il était mannequin, il passait à la télé dix fois par jour pour les rasoirs Gillette, et aujourd'hui il a disparu, je pense qu'il est mort du sida, je dis ça à cause de la dernière lettre que j'ai reçue où il me parlait d'amour, enfin, et d'amitié, depuis l'autre bout du monde, son Brésil natal, mais sans la moindre adresse pour lui répondre, comme une bouteille à la mer.
Il avait été amené en France par un type qui l'avait installé dans son appartement du boulevard Raspail, inscrit dans cette agence de mannequins, et s'en était très vite désintéressé. Sergio vivait là, malheureux.
Je me souviens de notre première étreinte, au fond d'un bordel, ce n'était pas un baiser, c'était son pull, très chic, doux, dans lequel se mélangeaient les parfums de marques, sa peau, sa peur d'être là, et son souffle, avec je ne sais quoi de charmant qui venait des profondeurs de son corps que j'adorais, de son cœur que je voulais conquérir, mais en vain.
Je me suis mis à écrire une pièce de théâtre pour lui, Nevermore, inspirée du tableau de Gauguin. J'attendais des après-midi entières dans le café en face de son appartement, je le guettais, il ne sortait jamais, je téléphonais, il avait fini par me faire monter chez lui, en l'absence de l'autre, il m'avait montré sa chambre, avec son lit qui avait des montants en fer et des grosses boules de cuivre à chaque coin, et il m'avait expliqué comment, certains soirs de folie, il s'enfilait ces boules de cuivre dans le cul, pour jouir.
Il m'avait raconté l'histoire de ses frères qui avaient des grosses bites et pas lui, à la campagne, dans la pampa brésilienne, des parents riches, des frères plus âgés que lui qui l'emmenaient dans l'étable pour baiser les vaches ; un jour, le grand frère, celui qui avait la plus grosse, il s'est mis à enculer la vache, la vache lui a chié dessus. Pour me dire qu'il n'était pas complexé avec sa petite bite, mais il l'était quand même.
                                                                                                                                    Il a quitté l'appartement de ce type, boulevard Raspail, pour s'installer chez une Sud-Américaine, avenue Parmentier. Il n'était pas vraiment chez lui, mais il était seul. J'allais le voir. Je retrouvais dans cet appartement, un peu à l'abandon, l'atmosphère que j'avais connue dans les années soixante-dix auprès des Sud-Américains en exil à Paris, une précarité indolente qui représentait à mes yeux la poésie pure.
Quand j'arrivais, il était déjà en train de se préparer à sortir parce qu'on venait de l'appeler pour un casting. Il mettait un temps fou à s'habiller, se changer, il avait une quantité de fringues qui m'éblouissait. Puis c'était les pommades, les soins du visage. Il était souvent malade, bourré d'antibiotiques contre la grippe, les otites, et inquiet pour les conséquences sur sa bonne mine. C'est en sa présence, à son contact, en le voyant vivre, en restant là à le regarder s'habiller, téléphoner à son agence, se regarder dans la glace, me demander si ça allait, si ça se voyait le petit bouton au coin du nez, et est-ce qu'il était assez musclé d'en haut... c'est là que j'ai compris certaines choses sur la beauté, en contemplant la souffrance de ce garçon qui était le plus beau qu'on ait jamais vu nulle part, avec les dents les plus blanches du monde, une peau et des formes qui lui venaient du ciel, j'ai compris qu'il y avait très peu de moments dans sa vie où il se sentait beau, et lorsqu'il lui arrivait par hasard d'être heureux, bien dans sa peau comme on disait à l'époque, très vite, la conscience de sa beauté dévorait ce bonheur, elle s'abattait sur lui comme un monstre pour l'étouffer. Il fonçait alors devant le miroir, au bord de s'évanouir, et il criait : Je suis beau, Christophe !






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                                                                                                 je lis moins qu'avant mais j'y reviens petit a petit ,j'aime beaucoup la poesie en general et fernando pessoa en particulier, pas trop inculte sur la litterature du 19e, LE horla de maupassant me fait encore ,frissonner! et goethe                                                  .
              Michel tournier,paul auster, (un must) doris lessing,rainer maria rilke,michel onfray,junger,thomas man beaucoup et tant d'autres ! et patrick chamoiseau, raphael confiant pour comprendre l'histoire des antilles,c'est genial  si je me laisse aller je rajoute pleins de choses ,alors stop !

Sports ?

muscu à fond la semaine prochaine pour retrouver mes pectoraux de reve que j'aime tant chez les autres et natation (mais la faut que je retrouve mon soufle apres l'arret de la clope                  http://i38.tinypic.com/mj9zbo.jpg                               



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Culture : architecture, arts plastiques (art urbain, peinture, sculpture), cinéma (animation, bollywood, cinéma d'auteur, blockbusters, ciné movida, ciné lgbt, comédie, comédies dramatiques, porno gay, science-fiction), concerts - spectacles, engagements - militantisme (lutte contre le sida, lutte contre les disciminations, lutte contre l'homophobie, mémoire de la déportation homosexuelle), expositions, festivals culturels, histoire, langues étrangères (anglais, espagnol (castillan), italien, langue des signes française), lecture (autobiographies, biographies, essais, livres d'art, philosophie, poésie , psychologie, romans contemporains, bandes dessinées, comics, histoire, littérature érotique, littérature américaine, littérature classique, littérature lgbt, manga, science fiction), musées, musique (alternatif, ambient, chanson réaliste, downtempo, electro, folk, house, indie, jazz, latino, new wave, pop-rock, techno, world, classique, minimal techno, opera), philosophie, théâtre, vie lgbt
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