MarieAntoinettemania s'est inscrit le 15 mai 2007 Sa dernière visite : 01 juillet 2008
La vie de Marie Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine commence comme un rêve au Palais de la Hofburg à Vienne, et se termine comme un cauchemar à la Prison de la Conciergerie à Paris. Entre ce début de rêve et cette fin de cauchemar, que d'enchantements, de bals, de fêtes, de feux, de jeux.
« Sa peau était admirable, ses épaules et son cou l’étaient aussi. En un mot si je ne me trompe comme on offre une chaise aux autres femmes on aurait presque toujours voulu lui approcher un trône. » (Baron de Tilly, Page de Marie Antoinette)
16 mai 1770… il y a 238 ans : Le Mariage du Siècle
Gaie, Spontanée, séduisante, c’est comme cela que les français découvrirent et parlèrent au mois de mai 1770 de cette jeune fille âgée de 14 ans qui foulait le sol de France pour en devenir avec la « grâce de Dieu » la future Reine. Sublime fut son arrivée en France, et sublime elle l’était…
14 ans et un nom illustre, promesse de paix et prospérité… Marie Antoinette de Lorraine d’Autriche. Depuis Charles IX, aucune archiduchesse d’Autriche n’était devenu Dauphine et Reine ; depuis 1767, année de la mort de la Dauphine Marie Josèphe de Saxe (mère du futur Louis XVI) et depuis 1768, année de la mort de la Reine polonaise Marie Lesczinska, la France n’avait plus à proprement parlé de « Première Dame » du Royaume.
Je ne reviendrai pas sur mes précédents sujets qui vous ont décrit l’hostilité de la Cour et d’une grande partie de la noblesse française quant à cette alliance Franco-Autrichienne … mais pour le peuple ce mariage signifiait la paix, la prospérité. Ainsi, l’accueil de ce peuple français fut triomphal et le mot n’est pas fort. Il suffit de se plonger dans cette époque et dans la mentalité de nos ancêtres pour en éprouver un peu de ce sentiment de joie délirante. Ce mariage fruit avant tout de négociations et de marchandages dont les principaux intéressés étaient exclus allait mettre aux guerres entre les deux plus puissantes Maisons d’Europe… et qui dit plus de guerre dit le bonheur… une idée pas si neuve que ça en Europe à cette date n’en déplaise au révolutionnaire Saint Just, « Archange » de la Révolution et de la Terreur… car ce bonheur était déjà dans le cœur de tous… qui dit bonheur dit prospérité, corne d’abondance, fin des famines des disettes, et surtout « révolution » de palais… Un jeune dauphin bon et cultivé et une belle dauphine succèderont à un roi vieillissant et haï, Louis XV, un jeune couple à la moralité vantée à la vertu intacte, aux mœurs simples et familiales… bonne volonté, humanité, jeunesse et grâce ont été de tout temps dans l’imaginaire populaire le subtil et superbe gage du bonheur et de la félicité…
Mais qui est pour les français cette jeune Archiduchesse d’Autriche, Princesse Royale de Hongrie, qui par son père François Etienne de Lorraine descend de René d’Anjou, le fameux « Bon Roi René » ? Savent-ils que par sa grand mère paternel qui était sœur du Duc d’Orléans elle est une descendante en ligne droite de Saint Louis ? Pour eux elle est un symbole, un gage de paix sur laquelle repose tant de souhaits et d’aspirations… 14 ans et déjà objet de sollicitations… 14 ans, de frêles épaules encore, et on lui demande presque de « décrocher la lune »…
En fait les français ne connaissent rien d’elle… ils ne voient qu’une belle image, un atout politique et diplomatique… une marchandise en quelque sorte. Mais est ce le charme qui opère ou tout simplement l’esprit du temps, Marie Antoinette exalte les passions et déchaîne les foules. Surprise très agréable des français qui vont se passionner comme jamais ils l’ont fait pour une Dauphine. Certaines choses sont dures à expliquer, les faits parlant d’eux mêmes.
Pour Marie Antoinette les choses sont différentes car toute son enfance elle fut bercée par les propos de son père lui vantant et lui inculquant la nostalgie de cette terre de Lorraine qui est pour Marie Antoinette un paradis… un paradis qui prend fin en 1765 lorsque son père tant admiré décède. Désormais elle va vivre sous la coupe de sa mère « jupitérienne », drapée du noir de son deuil, qui lui inspire respect et crainte. Eternelle petite fille, elle admire cette mère, cette maîtresse femme, et restera à jamais marquée par la perte tragique de sa sœur l’Archiduchesse Marie Josèphe… Par pur respect des traditions religieuses et familiales, comme l’impératrice agissait ainsi qu’en politique et en diplomatie (faisant de ses enfants des pions sur l’échiquier européen), elle ira jusqu’à sacrifier cette archiduchesse en lui ordonnant d’aller se recueillir dans la crypte des Capucins où venait d’être enterrée sa belle sœur morte de petite vérole depuis peu avant de rejoindre son futur époux à Naples… un arrêt de mort pour Marie Josèphe qui en était consciente… elle fut contaminée, mourut et ce fut son autre sœur Marie Caroline qui partira pour Naples…
Marie Caroline, la sœur préférée de Marie Antoinette
Marie Antoinette comme ses sœurs ne s’appartient pas… dès sa naissance en 1755 le mariage avec le futur Roi de France est déjà dans la tête de sa mère… 1755 correspond en effet à un brusque retournement d’alliance … la France se retrouve isolée et décide de renouer les liens avec l’ennemi héréditaire… l’Autriche. Il faudra attendre la mort du père du futur Louis XVI (éternel Dauphin) en 1765 puis celle de son épouse « Pépa » très hostile à l’Autriche (elle voulait que le futur Louis XVI épouse Cunégonde de Saxe) pour que Louis XV puisse devenir maître de ses petits fils et donner suite à sa politique de rapprochement avec l’Autriche. D’ailleurs on dit de Marie Antoinette âgée de 13 ans que « le morceau est friand »… Puis c’est enfin l’échange des portraits et la présentation de celui de Marie Antoinette au lever du Roi Louis XV à Versailles qui scelle officiellement ce qui devait toujours être c’est à dire une alliance avec pour gage un mariage le 13 juin 1769.
Tableau de Présentation
1770 est l’année du Mariage du Siècle. Le Marquis de Durfort, envoyé de Louis XV et ambassadeur, rentre dans Vienne de façon officielle par un cortège de 48 voitures à 6 chevaux, escorté de 117 valets et écuyers…
Le lendemain de cette entrée spectaculaire, l’envoyé du Roi de France lui remet une broche entourée de gros diamants enserrant une miniature peinte de son futur époux… pour Marie Antoinette, ce mariage est d’un luxe inimaginable, un mariage de conte de fée, mais normal car après tout c’est la France, le plus beau et le plus riche pays d’Europe, le plus puissant aussi. Le 17 avril 1770 cependant elle doit signer sa renonciation à tous ses droits comme descendante des Habsbourg et prêter serment sur les évangiles.
Le 19 avril 1770, dans une robe en drap d’argent, elle se marie par procuration et reçoit son anneau qu’elle conservera jusqu’à sa mort. Dès lors Marie Antoinette est Son Altesse Royale Madame la Dauphine de France…
Dès le 21 avril 1770, elle quitte pour toujours Vienne et l’Autriche et découvre cette Autriche, ce peuple plein d’allégresse qui voit en elle la paix et la prospérité… ce ne sont que fêtes et acclamations sur ce parcours qui enivre la jeune Dauphine. Le 6 mai enfin elle reçoit une délégation de Strasbourgeois venus au devant de leur future reine. C’est sa dernière nuit en terre allemande car le 7 mai a lieu la Cérémonie de Remise sur l’Île des Epis (située entre 2 bras du Rhin). Une cérémonie réglée comme sur du papier à musique où la France avait allégé l’Etiquette en ne pratiquant ni le vérification « anatomique », ni le passage de la « frontière » nue… Du côté dit « Autrichien » elle est accueilli par une salve d’artillerie et les éternelles acclamations. Elle traverse le côté autrichien pour se retrouver dans une pièce dit Salon des Tapisseries où on la fait asseoir sur un fauteuil surélevé sous un dais. Sachez que Marie Antoinette découvre comme vous cette cérémonie car elle ne sait pas ce qui se passe, on ne lui a pas tout dit…
Ce ne sont que discours, actes juridiques et solennels… pour enfin arriver aux adieux à sa suite autrichienne et à l’entrée en scène des représentants de son nouveau pays. A 14 ans comment auriez vous réagi devant une foule de personnes que vous ne connaissez pas, à la morgue « Etiquette », qui vous juge non en humain mais comme une pouliche, le pur sang de la Maison d’Autriche… On dit que Marie Antoinette les larmes aux yeux chercha le réconfort auprès de Madame de Noailles… on prétend qu’elle fut déshabillé et c’est nue qu’elle devait traverser la pièce séparant le côté autrichien du côté français… en fait c’est déjà habillé en « française » que Marie Antoinette se serait présentée devant la suite française . Un étudiant se révolte que sur les murs on ait mis les tapisseries royales les plus belles mais hélas celles dites de la Série de Jason et Médée dont l’une la montre égorgeant ses enfants, et l’autre représentant sa rivale qu’elle vient d’empoisonner (cet étudiant était Goethe)…
En traversant les salles de la Suite Française et en sortant du Pavillon de bois, Marie Antoinette pose le pied en France et a son premier contact avec son nouveau pays. C’est un véritable délire qui éclate… on l’acclame, on jette des pétales et des fleurs sous les roues du carrosse que Louis XV lui a envoyé et sous ses pas… une journée et demi ininterrompue de festivités à Strasbourg. Emportée dans ce tourbillon de fêtes et d’acclamations se doute t’elle qu’elle fait la une des journaux… la Gazette en France mais aussi le Wienerisches Diarium en Autriche…
Elle parvient non sans mal enfin le 14 mai en forêt de Compiègne où l’attend la Cour et la Famille Royale. C’est un véritable phénomène, on l’admire, on l’acclame … les français sont sous son charme. La Cour et les Bourbons le seront ils aussi ?
Louis XV a désormais hâte de rencontrer cette « inconnue » qui déchaîne tant de passions… les bruits de son triomphe sont dès le lendemain de son arrivée en France arrivés à ses oreilles… ce triomphe ne cesse d’augmenter et pour le Roi, Marie Antoinette est en quelque sorte l’ange cadeau de l’Autriche qui réaffirme le prestige des Bourbons. Louis XV est d’ailleurs sous son charme et semble conquis par cette petite princesse lui le roi blasé qu’il est. Sa rencontre avec son futur époux fut largement décrite… ce sont deux jeunes adolescents… ils ne se connaissent pas, le futur Louis XVI est hostile à cette union et fait mauvaise figure… non comme certains disent qu’il a peur des femmes, tout simplement il se méfie de l’Autriche et voit en Marie Antoinette un agent, un espion… de son côté si Marie Antoinette est ébloui, fatiguée aussi par toute cette représentation sans interruptions, elle mesure cependant la distance de son futur époux. Mais l’heure n’est pas à la tristesse, elle est la découverte. Découverte de Compiègne, de la Cour, de sa nouvelle famille, repas à La Muette, découverte des cadeaux de Louis XV (les joyaux des reines de France enrichis d’une parure de Diamants ajoutée par Louis XV)…
Et puis tout s’enchaîne très vite car dès le 16 mai au matin elle franchit les grilles de Versailles. Elle est entraîné non pas au premier étage (l’appartement des Reines est en travaux et faute de paiement les ouvriers ont ralenti les travaux) mais au rez-de-chaussée dans l’ancien appartement de Marie Josèphe de Saxe, jouxtant celui du futur Louis XVI. Elle en sort en brocard blanc et retrouve son épis dans un habit d’or rehaussé de l’éclat de diamants dans le Cabinet du Roi. Puis c’est un long cortège qui s’ébranle pour rejoindre la chapelle royale sous les murmures d’admiration des courtisans, et au son des grandes orgues. Ce mariage sera le plus beau et le plus fastueux… il se poursuivra par un somptueux repas donné dans l’Opéra qui sera inauguré pour cette occasion.
A un conseiller à qui Louis XV demandera comment il avait trouvé le mariage, ce dernier répondra « cher Majesté »… en effet du 16 au 30 mai le France entière vit au rythme des fêtes du Mariage… avec ses hauts et ses bas mais cela est une autre histoire, conservons la féerie de cet événement…
Petites Anecdotes hebdomadaires
Un cadeau royal de Louis XV pour la jeune Dauphine Marie Antoinette : Une chaise à porteurs digne de la descendante des Césars
De cette somptueuse chaise il ne subsiste que ces panneaux richement peints.
Petites images hebdomadaires : De la publicité des Actes de Bienfaisance de la Reine à la “cabale” pamphlétaire sur la prétendue “haine criminelle” de l’Autrichienne
Je vous invite à découvrir par l’image la lente mais inexorable chute de Marie Antoinette en matière de Communication… les images valent mieux que de grands textes !!!
Marie Antoinette en arrivant en France fut tout de suite l’objet d’un certain délire. Sa côte de popularité était au zénith et chacun s’accordait à lui reconnaître toutes les qualités d’une femme et d’une future reine. La propagande royale s’empara de cette enthousiasme en affichant les moindres faits et gestes, actes de bienfaisance et de générosité de Marie Antoinette.
D’ailleurs elle n’inventait rien car Marie Antoinette avait un cœur bon, une gentillesse innée et un sens de l’amitié très développé. Humaine et nature, elle tranchait avec le guindé et la retenu des princesses et reines de France.
L’année du sacre de Louis XVI correspond à l’apogée de son image. Cependant Marie Antoinette, excellente dans son rôle de Dauphine qui se préoccupait des paysans dont les terres étaient ravagées après le passage de la Chasse Royale, du piqueur blessé dans les roues de son carrosse, de son opposition au vice de Louis XV, …, s’afficha comme une Reine atypique. Son besoin de liberté et d’intimité, sa volonté de rompre avec l’Etiquette et le carcan de la Cour et de la « Haute » noblesse, lui attira dès lors l’hostilité de l’aristocratie qui déversa rumeurs et ragots dans le peuple.
Elle devint désormais non plus la reine de la propagande mais celle de la Calomnie. Louis XVI lui offre Trianon que déjà on dit qu’elle l’a surnommé le Petit Vienne. Marie Antoinette veut de l’intimité que déjà on murmure son besoin de se cacher pour multiplier les amants. Elle sourit devant les dames de la noblesse venues lui présenter leurs hommages lors du deuil de Louis XV que déjà on la dit moqueuse, impertinente, arrogante et sans cœur ( sans savoir ou retenir qu’en fait une de ses dames Madame de Clermont Tonnerre, lasse de ce défilé sans fin, s’était assise par terre, au milieu du rempart formé par les robes de la Reine et de ses Dames, et se livrait à 1000 espiègleries… elles avaient 20 ans ).
Marie Antoinette répond à la calomnie par le silence et le refus d’avoir à répondre à de telles bassesses… grosse erreur qu’elle reconnaîtra en 1790 lorsqu’elle dira à son frère Léopold qu’elle a perdu la guerre d’opinion qui lui était faite. L’affaire du Collier lui fera comprendre cependant l’ampleur du désastre. Derrière les grilles dorées et protectrices de Versailles Marie Antoinette commence à entendre les plaintes. On lui reproche ses dépenses, ses folies, sa vie, sa conduite… tout est désormais mis en œuvre pour la perdre et la salir. Si les récoltes sont mauvaises c’est sa faute, si le pain manque c’est parce que c’est elle qui le garde enfermé pour affamer le peuple.
Mélange de machisme, de racisme, les propagandes anti-Marie Antoinette font d’elle une coupable idéale qu’il faut abattre… en plus elle se mêle de politique paraît il !!! Marie Antoinette et Louis XVI (qui va même jusqu’à envoyer Beaumarchais en mission saisir des nouvelles vagues de pamphlets visant son illustre épouse) décident de répondre en affichant la décence de la reine dans un tableau la représentant avec ses enfants… ce fut pire car on lui reprocha d’être une mère distante, indifférente à ses enfants comme à ses sujets.
En pleine révolution cependant on tente de revaloriser ses actions mais l’ « histoire », celle que les vainqueurs écriront, l’a déjà jugé. On la montre se promenant avec ses enfants, aller au devant du peuple, visiter les hôpitaux pour enfants, accepter la Déclaration des Droits de la Femme… mais elle reste ce « montre » hybride, sanguinaire.
Lors de son procès, avec une grande lucidité et force de caractère Marie Antoinette portera un jugement décisif qui résume cette lente descente aux enfers « Hier je ne connaissais pas les témoins. J’ignorais ce qu’ils allaient déposer. Eh bien ! personne n’a articulé contre moi aucun motif positif »… l’histoire est bien écrite par les vainqueurs…
Petite anecdote hebdomadaire : Quand Marie Antoinette rencontre la future Madame Récamier
Lors de la cérémonie du Grand Couvert, Marie Antoinette remarqua un jour une petite fille ravissante. Elle se fit conduire l’enfant à la table et demanda à la mère de la mettre dos à dos avec sa fille Madame Royale. Elles furent mesurées et la petite inconnue gagna ce petit concours à la grande déception mais surtout rage de Madame Royale honteuse d’avoir été comparée avec une fille du peuple. Cette petite inconnue sera Madame Récamier qui conservera toujours ce souvenir et surtout l’amabilité de la Reine qui récompensa la gagnante.
Extrait de La Petite Musique de Marie Antoinette (enregistré en son théâtre de Trianon)
Membres d'honneur à titre posthume ou non mais qui ont oeuvré avec subtilité et érudition par leur travail à dépouiller Marie Antoinette de tout les outrages et calomnies qu'elle a enduré...
Madame de Staël, fille de Necker à qui l'on doit d'admirables réflexions sur le procès de la reine. Chauveau Lagarde et Tronson du Coudray, les 2 avocats de la reine lors de son procès qui plaideront avec fougue, avec tant de fougue que la vengeance révolutionnaire leur réservera bien des surprises. Rosalie Lamorlière, qui par son dernier dévouement, apportera de la douceur aux derniers jours et heures de Marie Antoinette. La Princesse de Lamballe, symbole même de la fidélité qui sera massacrée en septembre 1792 pour avoir refusé de haïr la reine et le roi. Hans-Axel Von Fersen, "tutto a te me guida", qui ne se remettra jamais de l'execution de Marie Antoinette et sera lapidé par la foule en Suède. Pierre de Nolhac, illustre conservateur du Château de Versailles et imminent historien de Marie Antoinette, qui le premier réhabilitera la Reine. Napoléon 1er, qui avait reconnu qu’en exécutant Marie Antoinette les français avait comis plus qu’un régicide. Les actrices de la Comédie Française qui toutes finirent emprisonnées sous la Révolution et certaines furent décapitées... protégées de la Reine, jusqu'au bout elles chériront Marie Antoinette et resteront fidèles à sa mémoire Marie Caroline de Habsbourg, Reine de Naples, sœur préférée de Marie Antoinette, qui lui voua un culte exemplaire et passionné Simone Bertière à qui l’on doit la plus belle biographie de Marie Antoinette Les sœurs Genêt... plus connues sous leurs noms de Madame Campan et Madame Auguié laquelle était surnommée « ma lionne » par Marie Antoinette. Toulan qui tenta de faire évader la reine et mourut décapité. L'Impératrice Eugénie pour son oeuvre de mécénat en faveur de Marie Antoinette Le bourreau Sanson qui accompagna la Reine dans son dernier voyage et la réconforta d’un « Courage Madame » les yeux embués François – René de Châteaubriant qui en écrivant Les Mémoires d’Outre Tombe décrivit la Reine telle qu’elle était
Voyage au cœur des Appartements Privés de la Reine au second étage du Château de Versailles
Simplicité de mise pour accéder au privé de la Reine
Salle à Manger de Marie Antoinette
Salle des Buffets de la Salle à Manger
Le Billard de la Reine
Et des logements pour son service qui ceinturent et parsèment son appartement et son domaine privé qui n’a plus rien de privé…
Appartement dit de Fersen
Arrières Cabinets dévolus à Madame de Tourzel, Gouvernante des Enfants de France.
Appartement de Pauline de Tourzel, fille de la Gouvernante des Enfants de France, compagne des jeux de Madame Royale
Marie Antoinette en son Palais de Fontainebleau : l’apothéose du style Marie Antoinette et du goût de la Reine
Marie Antoinette en son Palais de Fontainebleau – Partie I
Marie Antoinette en son Palais de Fontainebleau – Partie II
Marie Antoinette en son Palais de Fontainebleau – Partie III
Marie Antoinette en son Palais de Fontainebleau – Partie IV et Fin
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Vous êtes comme moi sous le charme de Marie-Antoinette. Entre attraction et répulsion, la dernière reine de France ne laisse jamais indifférent. Jolie, coquette, dépensière... c'est hélàs ce qui est encore écrit dans les livres scolaires...elle défraie la chronique bien au-delà des siècles.
Première « Fashion Victim » et « Beauty Victim » comme le décrit non sans humour Elisabeth de FEYDEAU, Marie-Antoinette adorait la mode et fut en quelque sorte une muse pour les créateurs de ce XVIII° siècle finissant mais fastueux. En effet, TALLEYRAND n’avait-il pas déclaré que celui qui n’a pas connu cette douce époque ne pouvait pas connaître la douceur de vivre.
"Toujours plus près de son sexe que de son rang, elle oubliait qu'elle était faite pour vivre et mourir sur un trône réel; elle voulut trop jouir de cet empire fictif et passager que la beauté donne aux femmes ordinaires et qui en fait les reines d'un moment» affirmait avec lucidité Rivarol.
Vous hésitez encore....................
Elle a fasciné et fascine encore et toujours par son tempérament, son indépendance d’esprit, ses frasques et sa frivolité toute royale. Elle renoue avec la majesté du début du règne de Louis XIV. Elle souhaite que la France renoue avec la vraie grandeur, l’opulence et la quintessence artistique et culturelle… peut-on le lui reprocher ?
A côté de cela se dessine aussi l'image de la Reine, de cette "âme blanche" et de l'image pamplhétaire et "révolutionnaire"... quel fut son rôle et sa place?
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Si vous vous reconnaissez, si vous appréciez la femme et la reine qu'elle a été ( ou bien le contraire, la liberté si chère à la Reine n'interdit d'aucunes manières le débat ), si vous flashez sur le style et l'art de vivre Marie Antoinette... bref si vous êtres accroc alors vous êtes les bienvenus...
Engagements - militantisme ?
Aborder Marie-Antoinette, c’est aussi et surtout rétablir le personnage réel qu’elle a été. Depuis MICHELET et le XIX° siècle, notre historiographie en a fait l’une des reines les plus controversées de notre histoire. Reine martyre ou reine scélérate, reine frivole et dépensière, reine coupable et traîtresse, reine indigne et reine des putains… c’est quand même bien peu pour expliquer la Révolution française et donner une des justifications censée à la fin de la monarchie.
En 1789, Marie-Antoinette pleurait sur l’acharnement des français à la traîner dans la boue. Pourquoi un tel revirement, où étaient passés les vivats et acclamations qui saluèrent son arrivée ? Elle considéra les français de 1789 comme « indignes », et fut reprise par Madame Adélaïde de France, illustre vieille fille de France, fille du Roi Louis XV, qui plaida surtout sur des français « indignés ». Que s’était -il donc passé ? Quel était ce fossé entre la reine et son peuple ? A qui en revenait la faute ?
Quoi qu’il en soit l’image de la reine et de la femme entretenue par la France révèle bien pourtant après plus de deux siècles ce côté indigne des français.
Nous pouvons remercier en cela le XIX° siècle pour son œuvre prolifique, pour sa bourgeoisie industrieuse, guindée et rigide, pour l’effort réelle de faire passer Marie-Antoinette pour une belle écervelée… un tantinet idiote (le fait de dire ça même si je ne le pense pas du tout et que je le réfute de toutes mes forces me glace le sang)… dépensant sans compter, riant de la misère et préférant la compagnie de ses moutons et de ses favoris, du bel Axel surtout, à celle des français. L’image d’une reine insensible et meurtrière. En bref l’image d’un Monstre et non de l’Ange dont parlait sa mère l’impérieuse et redoutable Impératrice d’Autriche Marie-Thérèse.
Le XX° siècle, crise de conscience ou prise de remords sincères ou calculés, a permis d’évoluer mais comment en France peut-on parler sans craintes de l’histoire « vraie » , sans faux-semblants, et sans « édulcorants » et raccourcis nocifs et néfastes, sans s’exposer aux foudres de l’Education , des historiens « biens en cours » et surtout « biens en vente », d’intellectuels et de référents culturels qui se caractérisent par leur seule et unique vision qu’ils considèrent comme parole d’évangile, et d’une opinion publique qui, interrogée lors de la sortie du film de Patrice CHEREAU, La Reine Margot, pensait que c’était l’histoire de l’épouse de louis XVI… et dernièrement avec la Marie-Antoinette « mania » ambiante certains ont assimilé Marie-Antoinette comme étant l’épouse de louis XIV… il y a beaucoup de travail à faire donc…
Musique ?
Fille d’un mélomane et d’un homme de goût en la personne de François 1er de Lorraine, Marie-Antoinette hérita de lui la passion pour la musique et pour la danse. Elle sera même au cœur de la querelle entre gluckistes et piccinistes peu avant la mort de Louis XV.
Grâce à son soutien, les modernes, c’est à dire les gluckistes, l’avaient emporté. Devenu reine de France, elle n’en protégera pas moins le malheureux Piccini dont elle trouve les sonorités agréables, Grétry, Salieri et Sacchini.
Sports ?
L'Equitation
C'est une activité physique et sportive qui lui est précieuse.
Louis-Auguste Brun compte au nombre de ces petits maîtres qui travaillèrent à titre privé pour la reine. Il a peint en 1783 ce portrait équestre de la reine en costume de chasse, montant un cheval portant le harnachement des Gardes-Nobles hongrois à la Cour d’Autriche. Fils d’ébéniste suisse, de religion réformée, il séjourne en 1780 à la cour de Turin de Victor-Amédée III, curieuse de nouveaux artistes. Fort de cette carte de visite, il se rend en France sous la protection du duc de Luynes. Par son intermédiaire et du fait de ses excellentes recommandations, il est présenté aux belles sœurs de Louis XVI, princesses de Savoie et de là à la reine et à sa coterie. Son travail précieux et minutieux lui vaut d’être nommé par Louis XVI en 1786 directeur spécial de la reine et de Madame Elisabeth dans leur travaux de peinture.
Cette dernière, initiée aussi par Hubert Robert, aura très certainement surpassé le maître car après le 10 août 1792, entraînant la chute de la monarchie et le sac des Tuileries, on retrouvera dans ses appartements dévastés une peinture de cette princesse représentant un paysage sur le format d’une carte à jouer.
Marie-Antoinette est ici représenté dans une activité qui lui est précieuse. Pourtant cette passion fut l’occasion d’une petite affaire d’Etat. En effet, l’impératrice en apprenant les caprices de sa fille en 1770 lui interdit de monter à cheval puis s’en remet à Louis XV. Un âne, un poney et enfin un vrai cheval anglais seront le résultat de son charme avec Louis XV. Afin d’amadouer le courroux de sa mère, Marie-Antoinette lui explique qu’en pratiquant l’équitation elle se rapproche des goûts de son mari afin de devenir enfin sa femme. Afin d’allier Vulcain à Vénus, l’impératrice accepte mais demande à sa fille de la modération, elle la future mère de l’héritier des Bourbons.
Lecture ?
Dans ses residences Marie-Antoinette possedait des livres bien "qu' elle soit peu enclin aux choses de l esprit" mais sur les 4722 livres de la reine inventoriés a la Révolution on peut y trouver 2722 volumes de Belles Lettres dont une part importante consacrée au théâtre (792 volumes) qu elle adorait et aux romans (1200 volumes) .Grace aux inventaires, notament ceux effectues par l Abbé Grégoire ,on connait bien l' existence de ces bibliotheques .Des Tuileries on envoya à la bibliothèque nationale 1800 volumes splendidement reliés en maroquin rouge ou vert ( surtout rouge)quelques-uns seulement en veau fauve ou marbré tous avec les armes de la Reine sur les plats.
A Trianon Marie-Antoinette demanda a Mique une bibliotheque achevée en 1780 et amenagée au dessus du cabinet des glaces mouvantes dans l entre-sol .On installa les livres dans une serie d armoires peintes en "blanc adouci" avec des panneaux grillagés a maille de laiton ,ces panneaux furrent garnis de rideaux en taffetas vert pomme
L'inventaire de l'Abbé Grégoire fait etat de 619 volumes ou partie de volumes pour Trianon relies en veau ecaille,aux armes de la Reine sur les plats ,avec les lettres C.T ( chateau de trianon) sur le dos surmontees d une couronne .La reliure est " ordinaire" ,rien a voir avec les remarquables reliures de Mesdames ou Mme du Barry il semblerait que les livres ont ete relies dans l urgence pour etre installes tel un decor avec les armoires de la bibliotheque voulue par la Reine a Trianon ..
D' ailleurs la Reine en restera là puisque tres peu de livres rejoindront les rayonnages une vingtaine apres 1780 dont le Werther de Goethe et des oeuvres de Voltaire ,et on a cessé de relier des ouvrages apres 1784
Santé/Bien-être ?
Le 15 août 1774, Louis XVI, roi de France et de Navarre depuis le 10 mai 1774, offre à sa reine Marie-Antoinette le domaine du Petit Trianon. Déjà, alors qu’elle n’était encore que Dauphine de France, Marie-Antoinette se sentait proche de ce gracieux domaine. En lui offrant, Louis XVI lui prouve son amour, mais affiche aussi aux yeux de tous que le temps des favorites est révolu et que le nouveau règne commence par un retour à la moral. En installant la reine de France dans les lieux et meubles de ces reines de cœur, Louis XVI n’imaginait pas à quel point cela serait par la suite reproché et servirait de cabales à l’encontre de Marie-Antoinette qui se comportera plus en châtelaine de Trianon qu’ en reine de France pour l’opinion.
En lui offrant ce refuge, personne ne pouvait prédire que la reine s’en servirait pour se retrancher de la cour avec sa coterie. Le roi lui-même ne coucha jamais au Petit Trianon, bien qu’y ayant une chambre, et ne s’y rendait qu’expressément invité par la reine.
Le fameux « De par la reine » sur la grille d’entrée du Petit Trianon provoqua l’indignation des parlementaires que Louis XVI avait rappelé et des courtisans qui faute d’être reçu par la reine à Versailles comme le voulait la coutume et l’Etiquette n’étaient pas invité à Trianon pour lui faire sa cour ; rage qui explosa en 1785 lorsque Louis XVI acheta au duc d’Orléans le château de Saint-Cloud au nom de la reine. Il fut dit « impolitique et immoral de voir des palais appartenir à une reine de France». Pourtant Saint-Cloud était un achat à triple vocation : Permettre à la reine un logement décent autre que le Garde Meuble ou les Tuileries à Paris (la reine n’étant plus si bien accueilli à Paris qu’au temps de sa splendeur lorsque le duc de Brissac, gouverneur de Paris, lui déclara sur le balcon des Tuileries « Vous avez là Madame 200000 amoureux »), l’attribuer par la suite au tout jeune duc de Normandie en tant qu’apanage futur, et enfin permettre le transfert de la cour en ce lieu durant les travaux projeté pour le réaménagement de Versailles et sa quasi-réhabilitation.
Elle choisit pour architecte Richard Mique. Ensemble ils vont réaliser ce havre de paix auquel la reine aspire. Jardins et château sont transformés au goût du jour et à celui de la reine. La mode est à la nature et à la simplicité, et pourtant ces diverses transformations atteignent dès 1779 comme l’a constaté André Castelot le crédit de Marie-Antoinette. Déjà la reine est accusée de dilapider les fonds publics et jusqu’au Duc de Croÿ, mauvaise langue, qui relate que l’on avait jamais autant retourné la terre pour des sommes considérables à Trianon.
Coté bâtiment du château, Marie-Antoinette aspire à l’intimité et demande à Mique la réalisation d’un cabinet attenant à sa chambre dit des « glaces mouvantes ». Le mobilier Jacob dit « aux épis » de sa « chambre au treillage » est un chef d’œuvre de simplicité et de raffinement. A cela s’ajoute la construction d’un vrai théâtre en bois et carton pâte copié sur la salle de spectacle du château de Choisy avec toutes les machineries et la perfection souhaitée… le décor de scène actuel est d’ailleurs l’un des plus ancien au monde. La sobriété extérieure de ce théâtre est un véritable écrin pour un petit bijou. Elle y jouera elle-même la comédie avec des personnes choisies et montera sur scène comme une actrice pour jouer la Rosine du Mariage de Figaro pourtant interdit à Paris par le roi. Ce goût de la distraction la conduit à faire installer un jeu de bague.
Ce goût du secret et de l’intimité, une utopie de liberté, entourera Trianon d’une aura mystérieuse qui s’estompera lorsque les députés du Tiers-Etat des Etats Généraux de 1789 visiterons les lieux : On leur avait parlé d’une débauche de luxe, de tapisseries constellées de pierreries, d’un lieu ou plutôt d’un antre, repère de Madame Déficit, l’Autrichienne, comme les gens criaient sur son passage.
En 1783, Marie-Antoinette, reine des modes adopte la nouvelle mode suivie par les princes de Condé à Chantilly ou les ducs d’Orléans, Comtes de Provence... Elle demande la création d’un hameau. Il sera créé en partenariat avec le peintre Hubert Robert (auteur des 2 toiles majeures sur l’abattage et la replantation des arbres du parc de Versailles à l’aube du règne de Louis XVI) d’après des dessins de Mique. Entre le mythe et la réalité, ce hameau oscille en une adaptation luxueuse et confortable de la ferme paysanne et en une interprétation utopique et rêvée de la vie paysanne. Un étang est creusé et tout un ensemble de maisons et de fabriques s’ordonne autour de ce lac artificiel. Ces maisons de type normandes, recouvertes de plantes grimpantes, sont garnies de pots de fleurs en faïence blanche de lorraine (de la manufacture de Saint-Clément) au chiffre de la reine. Avec ses toitures de chaumes, ses escaliers rustiques, ses vitres garnies de plomb, son crépis imitant la brique usée et lézardée, ce hameau est un enchantement.
« Peut-être qu’avec un peu de dépenses de plus, Sa Majesté fût parvenue à effacer à 20, à 30 lieues à la ronde, la livrée de la misère que portent nos vrais hameaux […]. Imiter des lieux destinés à l’amusement ce qui vous rappelle de manière stérile l’infortune de vos sujets ou de vos concitoyens, il semble que ce soit d’en jouer » disait le marquis de Bombelles, époux de la fidèle amie, la bien nommée « Bombe », de Madame Elisabeth de France.
Le jardin anglais du Petit Trianon oublie toute symétrie. Il évolue au travers d’allées sinueuses et d’arbres taillés sans trop de rigueur. Des espaces limités remplacent de vastes perspectives et les bassins géométriques disparaissent au profit de petites rivières, de mares et d’étangs. Mique le dessine en 1781, ainsi que le pavillon du Rocher ou Belvédère (1777) qui domine un petit lac de façon très romantique mais aussi très mélancolique. Ce charmant pavillon octogonal, meublé par les meubles de prestige de Foliot, est de style Louis XVI. Les bas-reliefs surmontant les fenêtres représentent les saisons, les frontons des portes sont ornées des attributs de la chasse, et s’ajoute une frise de guirlandes. Coiffé d’une coupole en partie masquée, il est gardé par quatre couples de sphinx. Il fut édifié de 1779 à 1781 par Richard Mique, architecte de la reine. Sous une voûte représentant un ciel où volent des amour peint par Lagrenée, ce décor de stucs multicolores exalte la variété des plaisirs offerts par une nature aimable.
A ce décor à la fois admiré et critiqué, Mique ajoute à ce paysage un Temple de l’Amour et une Grotte. C’est depuis cette grotte qu’un valet avertira Marie-Antoinette le 5 octobre 1789 que les femmes de Paris marchaient sur Versailles. Une grotte qui aura fait couler beaucoup d’encre car la reine avait un mirador exceptionnel sur le domaine, voyait qu’y arrivait sans être vu. Un monde enchanteur, une illusion du paradis et un havre de paix, voilà ce que Marie-Antoinette avait désiré. Pour parachever cette œuvre, elle fit ceinturer son domaine non pas d’un épais et haut mur, mais d’un simple « Ha-Ha », c’est à dire un saut de loup, fossé naturel qui interdisait toute intrusion dans la vie intime et rêvée de Marie-Antoinette.
Marie-Antoinette, toujours en accord avec ses contemporains, rêvait de fêtes galantes mises en scène à la manière des tableaux de Fragonard, tout en souhaitant vivre elle-même dans un cadre raffiné, adapté à ses goûts, au milieu d’une société choisie selon son cœur. A l’occasion du voyage de son frère l’empereur Joseph II (venu en France en quasi incognito sous le nom de comte de Falkenstein), au mois d’août 1781, elle organisa en son honneur une fête mémorable et nocturne à Trianon. Après un souper et une représentation donnée par la troupe de l'Opéra d’Iphigénie en Tauride de Gluck, la reine accueillit ses 263 invités venus admirer l’illumination du jardin anglais.
«Des terrines cachées par des plantes peintes en vert éclairaient tous les massifs d’arbustes ou de fleurs et en faisaient ressortir les diverses teintes de la manière la plus variée et la plus agréable ; quelques centaines de fagots allumés entretenaient dans le fossé, derrière le temple de l’Amour, une grande clarté qui le rendait le point le plus brillant du jardin » dixit Mercy-Argenteau, fidèle ambassadeur des Habsbourg mais aussi espion de la dauphine puis de la reine de France à Versailles.
Réfugiée dans l’illusion, Marie-Antoinette recompose sa vie dans un décor qui n’a plus que les apparences de la réalité en demandant à l’incontournable Mique de dresser les plans du Hameau. Sa construction marque symboliquement la rupture entre son existence réelle et son existence rêvée, et plus gravement encore entre la reine et le royaume… un exemple de ce constat : le tableau de Marie-Antoinette en robe de Gaulle de Vigée-Lebrun exposé au salon de 1783 dut être retiré en toute hâte car un plaisantin avait marqué en dessous du portrait « La France sous les traits de l’Autriche, réduite à se couvrir d’une panne ».
Contrairement à la légende tenace, Marie-Antoinette ne joue pas à la fermière, ne trait pas les vaches… tout au plus emploie-t-elle sur ce domaine, véritable exploitation agricole, des fermiers.
Le magnifique et calme Hameau de la reine fut la proie des révolutionnaires. Derrière des façades illusion d’un monde de la campagne revisité et idéalisé se cachait de véritables trésors, un très grand raffinement. En 1793, la désastreuse « Vente des meubles et effets de la ci-devant reine » de Versailles mais aussi du Petit Trianon atteint de plein fouet ce qui devait être un havre de paix. Laissées à l’abandon, les différentes maisons et ornements de ce hameau obligent Napoléon à en détruire certaines afin d’en conserver d’autres. De cette évocation pastorale on pouvait dénombrer la Tour de Malborough, deux laiteries, une grange/salle de bal (disparue), un colombier, un jeu de boules, un poulailler, une maison de gardien (disparue), une lingerie… sans oublier le boudoir et la maison de la reine.
Culture ?
Le style Marie-Antoinette se définit aisément comme l’anti « Louis XV ». Caractérisé par le rocaille, l’élément minérale et la surcharge artistique (dont le rococo viennois de son enfance), on assiste à un retour aux formes et aux lignes classiques. Mais aux représentations monumentales et allégoriques du siècle de Louis XIV, un nouveau style, le néoclassicisme, voit le jour ; et les fleurs, arabesques, animaux légendaires ou vivants rivalisent de grâce, de légèreté et d’élégance.
Ce raffinement trouve tout d’abord à s’exprimer dans le retour à la nature. Depuis le Moyen-Âge et la Renaissance, l’élément végétal et le bestiaire sont l’expression de l’artifice et du plaisir. Héritage de l’antiquité, ce courant naturaliste est une source de richesse et de création pour les ornements. Véritables botanistes, les ornemanistes composent de fabuleux herbiers. Résultat des découvertes et des voyages dans les nouvelles contrées, les plantes les plus extraordinaires sont acclimatées dans les jardins ou cultivées dans les serres ou orangeries. Les animaux excitent aussi la même curiosité et la même sensibilité.
Le XVIII° siècle prône l’observation de la flore des champs et des bois. C’est le siècle du pittoresque qui définit un cadre de vie simple et pastoral. Il n’est donc pas rare d’avoir recours à des décors incluant des pétales de lilas et de roses, des clochettes de muguets, le chiffonnement de la rose trémière ou du pavot, les épis de blé, les guirlandes de fleurs et de fruits ; mais aussi imitant et reprenant des éléments de la vie champêtre et campagnarde (vannerie, outils, treillages).
Cette harmonie émane ainsi d’un style à la fois léger, mondain et vaporeux où la fantaisie demeure un élément important. L’emploi du ruban (sculpté, peint ou en tissu), des drapés, des perles, des plumes, des colifichets s’accorde avec grâce aux arabesques et rinceaux formant une frise entremêlée et contorsionnée.
Ce style Marie-Antoinette privilégie la libre interprétation à l’imitation. Pour pallier et contrer à la monotonie, ce style impose l’illusion. En résumé, un style composé d’éléments du végétal et de l’animal, symbole de clarté, de simplicité, de symétrie, de fantaisie, de rigueur et de finesse.
Elle a veillé telle une fée à tous les aménagements d’un siècle français réputé pour son raffinement. Le « siècle d’or », c’est ainsi que je le considère, et ne nous voilons pas la face, un siècle français disparu dans les remous terribles de la Révolution et de ses suites, dans la rupture brutale avec tout ce qui contribué au charme de cette époque, inégalé, une sorte d’Arcadie ou d’Eden, c’est au choix, que la France ne retrouvera très certainement plus jamais.
Elle a supervisé ou a été le simple témoin des grands projets de modernisation du Royaume de France et de Navarre. Partout où elle passe, elle parvient à créer ce havre d'intimité élégant qu'elle désire depuis son arrivée en France. Un havre qui lui sera chèrement et durement critiqué même aujourd’hui encore. Son empreinte est encore fortement présente dans tous les lieux où elle a séjourné. Pureté des lignes et des ornements, géométrisme, harmonie entre le décor des meubles et celui des murs. Dans toutes ses réalisations, Marie-Antoinette exigera ce même et unique souhait caractéristique de son goût, mais aussi de sa personnalité et de sa psychologie.
Oublier le goût de la reine, ce goût et ce style vaporeux, glamour et féminissime, c’est trahir la mémoire des arts décoratifs en premier lieu et de Marie-Antoinette.
Cinéma ?
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